Christine de Pizan
La première femme de lettres de langue française à avoir vécu de sa plume : Christine de Pizan (1364-v. 1430), veuve à vingt-cinq ans.
Poétesse, philosophe et chroniqueuse française née à Venise, et la première autrice médiévale du corpus.
Elle naît le 11 septembre 1364 à Venise, fille de Thomas de Pizan, médecin et astrologue réputé que Charles V appelle à Paris en 1368. Elle grandit donc à la cour de France, et reçoit de son père une instruction plus vaste que celle de bien des filles de son rang — dont elle dira pourtant, dans *La Cité des dames*, qu'elle fut incomplète, et par la faute des usages du temps.
Mariée à quinze ans, veuve à vingt-cinq, sans fortune et avec trois enfants, une mère et une nièce à charge, elle fait ce que personne n'avait fait avant elle : **elle vit de sa plume**. Traités de politique et de philosophie, chroniques, et des milliers de vers, écrits pour l'essentiel entre 1400 et 1418. Son érudition la distingue des écrivains de son temps, femmes et hommes confondus.
On la connaît surtout pour *La Cité des dames* (1405), où elle bâtit une ville allégorique peuplée des femmes que l'histoire a comptées, en réponse aux clercs qui les disaient inférieures. Ce qui entre ici est l'autre versant : sa poésie. Les *Cent Ballades* s'ouvrent sur son deuil — « du grant dueil qui me tient morne et coye » —, les *Rondeaux* et les *Virelays* tournent autour du même manque, et les *Jeux à vendre* sont soixante-dix miniatures de quatre vers, un jeu de société courtois où l'on offre un objet et où l'autre doit répondre.
Retirée au monastère de Poissy à la fin de sa vie, elle écrit en 1429 le *Ditié de Jehanne d'Arc* : **le seul texte connu qui célèbre Jeanne de son vivant**. Elle meurt vers 1430.
Petit Poème réunit 327 de ses poèmes, tels que Maurice Roy les a édités pour la Société des anciens textes français. Ils sont en moyen français, dans leur orthographe d'époque, et rejoignent le chantier de modernisation de graphie ouvert pour Louise Labé et Ronsard.
- — d’Amours la prison
- — de soye le las
- — Du pré d’Amours vous vents l’usage
- — du rosier la branche
- — du rosier la fueille
- — l’aloe qui vole
- — l’aloue volant
- — l’anelet d’argent
- — l’anelet d’or fin
- — l’épée de guerre
- — l’escrinet tout plein
- — l’esparvier appris
- — l’oisellet en cage
- — la blonde tresce
- — la branche d’olive
- — la claire fontaine
- — la colombelle
- — la couldre qui ploie
- — la feuille de tremble
- — la fleur d’acolie
- — la fleur d’ortie
- — la fleur de glay
- — la fleur de mellier
- — la fleur de parvanche
- — la fleur de seür
- — la fleur mipartie
- — la fueille de houx
- — la fueille tremblant
- — la harpe et la lire
- — la marjoleine
- — la paternostre
- — la perle fine
- — la rose amatie
- — la rose de may
- — la rose vermeille
- — la turterelle
- — la violete
- — la voulant aronde
- — le blanc corbel
- — le blanc cueuvrechief
- — le blanc orillier
- — le cerf voulant
- — le chapel de bievre
- — le chappel de saulx
- — le chappel de soie
- — le cuer du lion
- — le dyamant
- — le panier d’ozier
- — le papegay
- — le pont qui se haulce
- — le songe amoureux
- — le souspir parfont
- — le tourret de nez
- — le vers chapellet
- — le vert muguet
- — les gans de laine
- — plein panier de flours
- A Dieu te dis, amis, puis qu’il le fault
- À Dieu vous dis, gracieuse aux beaux yeux
- A Dieu, ma dame, je m’en vois
- A Dieu, mon ami, vous command
- À il doncques tel guerredon ?
- À pou que mon cuer ne font !
- Acueil bel et agréable
- Affaire eussions du bon duc de Bourgongne
- Aime le; si feras que sage
- Ainsi sera grance en vous assouvie
- Amis, je ne sais que dire
- Amis, ne vous desconfortez
- Amis, venez encore nuit
- Amoureux oeil
- Amours le veut et la saison le doit (Or sus, or sus, pensez de bien amer)
- Amours le veut et la saison le doit (Trés humblement, dames et damoiselles)
- Amours, plaisant nourriture
- Assez louer, ma redoutée dame
- Avisons nous qu’il nous convient mourir
- Ballade LV
- Ballade LXI
- Ballade pouetique. Il y morra briefment, au mien cuidier
- Ballade XCII
- Bel a mes yeux, et bon a mon avis
- Bel et doulz et gracieux
- Belle ou il n’a que redire
- Belle, ce que j’ai requis
- C’est bien raison que me doive doloir
- C’est grand bien que de ces amours
- C’est souvrain bien que prendre en pacience
- Car de ce vueil savoir le compte
- Car de Junon n’ai je nul réconfort
- Car je vous ai retenue a ma vie
- Car l’oeuvre loe le maistre
- Car qui est bon doit être appellé riche
- Car trop grief deuil est en mon cuer remais
- Car trop griefment est la mer périlleuse
- Car vous tout seul me tenez en liesse
- Ce jour de l’an vous soiez étrenné
- Ce jour de l’an, ma redoutée dame
- Ce jour de May gracieux plain de joie
- Ce me fait la maladie
- Ce plaisant jour premier de l’an nouvel
- Ce poise moi quant ce m’est avenu
- Ce premier jour que l’an se renouvelle
- Ce sera fort se je vif longuement !
- Certes c’est cil qui tous les autres passe
- Certes trop m’est dure la departie
- Cest anelet que j’ai ou dois
- Chacun vous vents, mais je vous vueil donner
- Chapeaux jolis, violettes et roses
- Chère dame, plaise vous oitroier
- Cil nonce aux gens mainte chose notable
- Cil qui m’a mis en pensée novelle
- Com turtre suis sans per toute seulette
- Combien qu’adès ne vous voie
- Comme autre fois me suis plainte
- Comme surpris
- Cuer qui en tel tristour demeure
- D’entreprendre armes et peine
- D’un esparvier vous vents la longe
- Dame, pour Dieu, merci vous ciy
- Dame, qu’a vous servir j’entende
- De bien en mieulx vous puist il avenir
- De faire ami, ne d’amer
- De haut honneur et de chevalerie
- De meschief, d’anui, de peine
- De mieulx en mieulx vous vueil servir
- De moi laissier ainsi pour autre amer
- De reftuser ami si gracieux
- De son ami, désirant qu’il reviegne
- De tel deuil m’avez rempli
- De tous amans je suis le plus joyeux
- De triste cuer chanter joyeusement
- Dieux
- Dieux ! que j’ai été deceûe
- Dieux nous y maint trestous a la parclose !
- Digne d’être de laurier couronné
- Douce dame, je me rends a vous pris
- Douce dame, je vous requier
- Douce dame, que j’ai long temps servie
- Douce dame, veuillez oïr la plainte
- Du blanc pain vous vents la mie
- Du dieu d’amours vous vents le dart
- Dure chose est a soutenir
- En ce jolis plaisant doulz mois de May
- En ce printemps gracieux
- En escrit y ai mis mon nom
- En espérant de mieulx avoir
- En plains, en pleurs me fault user mon temps.
- En traïson, non pas par vacellage
- Encor n’en suis pas a chief
- Et a la fois grani joie aporte
- Et ait ou mal fort et puissant courage
- Et ce vous fait tout le monde plaire
- Et certes le doulz m’aime bien
- Et Dieux vous doint leur bon droit soutenir
- Et honneur en toutes querelles
- Et me veuillez ottroyer votre amour
- Et ne croyez flajolz de decepveurs
- Et que jamais leur meschance ne fine
- Et qui n’aurait regrait a tel plaisance
- Et qui pourrait telle amour oublier ?
- Et si ne m’en puis partir
- Et si ne puis ne guérir ne mourir
- Et vous retien pour mon loyal ami
- Faites vos faits a vos dits accorder
- Flours vous vents de toutes couleurs
- Ha desloial ! comment as tu le cuer ?
- Ha Dieux ! Ha Dieux ! quel vaillant chevalier !
- Hé Dieux me doint pouvoir du desservir !
- Hé lune ! trop luis longuement
- Hélas ! le très mauvais songe
- Hélas ! que j’aurai mautemps !
- Il a assez science acquise
- Il a au jour d’ui un mois
- Il en pert a ma coulour
- Il me semble qu’il a cent ans
- Il me tarde que lundi viengne
- Il veut trestout quanque je vueil
- J’en ai fait a maint reffus
- J’en suis d’acort s’il vous plaît que je meure
- Jamais ne vestiray que noir
- Je chante par couverture
- Je dis que c’est pechié a qui le tait
- Je le sais bien, il fault que je m’en sente
- Je m’en mettre a mon aise
- Je m’en raport a tous sages ditteurs
- Je m’en sais bien a quoi tenir
- Je mourrai se m’êtes dure
- Je ne m’i vueil plus tenir
- Je ne sais comment je dure
- Je ne vents ne donne les yeulz
- Je suis de tout deuil assaillie
- Je suis joyeux, et je le dois bien être
- Je suis vesve, seulette et noir vestue
- Je t’ameray et tiendray chier
- Je vois
- Je vous laisse mon cuer en gage
- Je vous vents la fleur de lis
- Je vous vents la fleur de peschier
- Je vous vents la passerose
- Je vous vents la rose d’Artois
- Je vous vents le coulomb ramage
- Je vous vents le levrier courant
- Je vueil quanque vous voulez
- Jeanne d’Arc
- Junon me het et meseùr me nuit
- Jusques a tant que je le reverray
- La cause de mon annuy
- La grant doulour que je porte
- Las ! que ferai, douice dame, sans vous ?
- Le corps s’en va, mais le cuer vous demeure
- Le dieu d’amours m’en soit loyal tesmoins
- Le plus bel des fleurs de lis
- Le plus bel qui soit en France
- Le saphir vous vents d’Orient
- Les mesdisans qui tout veulent savoir
- M’amour, mon bien, ma dame, ma princesse
- Madame
- Mais fol ne croit jusqu’il prend
- Mais vous parlez comme gent pleins d’envie
- Mais, se Dieux plaît, j’en seray plus prochains
- Mon chier seigneur, soiez de ma partie
- Mon doux ami, d’autre ne me vient joye
- Mon gracieux réconfort
- N’il n’est si bon qu’ilz n’y treuvent a dire
- N’on n’en pourrait assez médire
- Ne les princes ne les daignent entendre
- Ne me veuillez, douce dame, éconduire
- Ne mon penser nulle heure ne s’en part
- Ne nouvelles ne m’en vient
- Ne plus, ne mains ne que s’il était mort
- Ne sais qu’on vous a raporté
- Ne vous oubli je nullement
- Notre bon Roi qui est en maladie
- On doit croire ce que la loi commande
- On est souvent battu pour dire voir
- On vous doit bien de laurier couronner
- Or est mon cuer rentré en double peine
- Ou autrement l’amour est fausse et fainte
- Par Dieu, c’est grant grâce
- Pour accomplir leur bonne volonté
- Pour attraire
- Pour ce que je suis longtains
- Pour la douceur du jolis mois de May
- Pour le désir que j’ai de vous veoir
- Pour le grant bien qui en vous maint
- Pour quoi m’avez vous ce fait ?
- Pour un seul bien plus de cinq cents doulours
- Prenez en gré le don de votre amant
- Puis qu’ai perdu ma douce nourriture
- Puis qu’ainsi est qu’il me fault vivre en dueil
- Puis qu’ainsi est que ne puis pourchacier
- Puis qu’Amours le te consent
- Puis que Fortune m’est contraire
- Puis que le terme est passé
- Puis que partir vous convient
- Puis que vous êtes parjure
- Puis que vous vous en alez
- Puisqu’il m’a mis en nonchaloir
- Qu’a peine le puis éconduire
- Qu’a toujours mais je pleureray sa mort
- Qu’a vraie amour puissent faire grevance
- Qu’en France soit si mençonge eslevée
- Quant bien me doit venir, meseur l’en chace
- Quant chacun s’en revient de l’ost
- Quant cil est mort qui me tenait en vie
- Quant je ne fois a nul tort
- Que me vaut donc le complaindre ?
- Que mes griefs maux soient par toi délivre
- Que ses joies ne sont fors que droit vent
- Que vigour et cuer me fault
- Quelque chère que je face
- Qui des sages font grant derrision
- Qui ma vie tenait joyeuse
- Qui maintenir veut l’ordre a droite guise…
- Qui plus se plaint n’est pas le plus malade…
- Qui tant de maux et tant d’auuis nous fait !
- Qui vous en a tant appris ?
- Renge mon cuer qui fors vous ne désire
- Rians vairs yeux, qui mon cuer avez pris
- S’ainsi le faits, tu seras preux et saige
- S’ainsi me dure
- S’espoir n’était, qui me vient conforter
- S’il n’a bonté, trestout ne vaut pas maille
- S’il vous souftist, il me doit bien suffire
- Sage maintien, parement de beauté
- Se d’ami je suis servie
- Se demeurez loing de moi longuement
- Se Dieu et vous ne la prenez en cure
- Se font pluseurs sages qui font a croire
- Se les fables disent voir
- Se loyauté me puet valoir
- Se m’amour voulsisse oitroier
- Se pris et les était a départir
- Se souvent vais au moustier
- Se vous me faites tel grief
- Selon seigneur voit on maignée duite
- Sera retrait de leur haute vaillance
- Seulette suis sans ami demeurée
- Si com tous vaillants doivent être
- Si je ne finoye de dire
- Si le veuillez recepvoir pour étrenne
- Si le veuillez, noble duc, recevoir
- Si qu’a toujours en soit mémoire
- Si vous en cry merci très humblement
- Sire, de si tôt vous amer
- Soit, sans cesser, toute joie mondaine
- Sont ilz aise ? certes je crois que non
- Souffise vous bel accueil
- Source de plour, rivière de tristece
- Tant ont a durer mes peines
- Tout en pensant a la beauté, ma dame
- Très douce dame, or suis je revenu
- Très doulz ami, or t’en souviegne
- Très doulz regart, amoureux, attrayant
- Trestout me vient a rebours
- Veuillez le voir
- Veuillez ouïr en pitié ma complainte
- Visage doulz, plaisant, ou je me mire
- Voire aux loyaux. — Tu as dit voir
- Votre douceur me mène dure guerre
- Votre douceur mon cuer attrait
- Voulez vous donc que je meure pour vous ?
- Vous en pourriez exillier
- Vous me ferez d’environ vous foïr
- Vous n’y pouez, la place est prise
- Vous semble il que ce fausseté soit ?
- Voyez comment amours amans ordonne !