Cil qui m’a mis en pensée novelle

Christine de Pizan

Rondeaux

Cil qui m’a mis en pensée novelle Et qui requiert que je le veuille amer Me plaît sur tous, non obstant qu’afermer Ne lui veuille m’amour, ainçois lui celle. Et si est il plus doulz qu’une pucelle, Jeune, plaisant, bel, courtois, sans amer Cil qui m’a mis en pensée novelle. Mais de paour qu’être en peust nouvelle Je n’ose en lui du tout m’amour fermer, Le retenir, ne mon ami clamer. Si est il bien digne d’avoir plus belle Cil qui m’a mis en pensée novelle.