Je vueil quanque vous voulez

Christine de Pizan

Cent Ballades

Mon ami, ne pleurez plus ; Car tant me faites pitié Que mon cuer se rent conclus A votre douce amistié. Reprenez autre manière ; Pour Dieu, plus ne vous doulez, Et me faites bonne chère : Je vueil quanque vous voulez. Ne plus ne soiez reclus, Ne pensif, ne dehaitié ; Mais de joie aprenez l’us. Car bien avez exploitié Vers Amours qui n’est pas fière Encontre vous ; or alez, J’acorde votre prière : Je vueil quanque vous voulez. Trop mieulx m’atachent qu’a glus, Et d’amours font le traittié, De vos larmes les grands flus Qui m’occient a moitié, Ne plus je n’y met enchiere ; Doulz ami, or m’acolez, Je suis votre amie chère ; Je vueil quanque vous voulez.