Vous n’y pouez, la place est prise
Christine de Pizan
Rondeaux
Vous n’y pouez, la place est prise.
Sire, vous perdez votre peine :
De moi prier c’est chose vaine,
Car un bel et bon m’a acquise.
Et c’est droit qu’un seul me souffise,
Plus n’en vueil, folz est qui s’en peine ;
Vous n’y pouez, la place est prise.
Toute m’amour ai en lui mise
Et l’ameray d’amour certaine,
Mais ne m’en tenez a villaine ;
Car je vous dis qu’en nulle guise
Vous n’y poucz, la place est prise.