Que me vaut donc le complaindre ?
Christine de Pizan
Rondeaux
Que me vaut donc le complaindre
Ne moi plaindre
De la doulour que je port
Quant en riens ne puet remaindre ?
Ains est graindre
Et sera jusqu’à la mort.
Tant me vient doulour attaindre,
Que restraindre
Ne puis mon grant déconfort ;
Que me vaut donc le complaindre ?
Quant cil qu’amoye sans faindre
Mort estraindre
A voulu, dont m’a fait tort ;
Ce a fait ma joie estaindre,
Ne attaindre
Ne poz puis a nul déport ;
Que me vaut donc le complaindre ?