Rians vairs yeux, qui mon cuer avez pris
Christine de Pizan
Rondeaux
Rians vairs yeux, qui mon cuer avez pris
Par vos regards pleins de las amoureux.
A vous me rends, si me tiens eüreux
D’être par vous si doucement surpris.
On ne pourrait sommer le très grant pris
De vos grands biens qui tant sont savoureux,
Rians vairs yeux, qui mon cuer avez pris.
Tant êtes doulz, plaisant et bien appris,
Qu’ou monde n’a homme si doulereux
Que, s’un regart en avait doulcereux,
Que tantôt n’eût par vous confort repris,
Rians vairs yeux, qui mon cuer avez pris.