Henri de Régnier
Il a essayé le vers libre avant presque tout le monde, puis l'a quitté pour l'alexandrin : Henri de Régnier (1864-1936) est la charnière entre le Parnasse et le symbolisme, et il en avait épousé les deux.
Poète et romancier, académicien, l'un des premiers à pratiquer le vers libre en français — et l'un des premiers à y renoncer.
Henri de Régnier naît à Honfleur le 28 décembre 1864, dans une famille de la bourgeoisie normande installée à Paris dès son enfance. Il fait son droit sans conviction, fréquente les mardis de Mallarmé rue de Rome, et publie sa première plaquette, *Les Lendemains*, à vingt ans.
Ce qui le distingue de ses contemporains tient en un mouvement, et il va dans les deux sens. Vers 1890, avec Francis Vielé-Griffin et Gustave Kahn, il compte parmi les premiers à écrire en VERS LIBRE — *Les Jeux rustiques et divins* (1897) en portent la trace. Puis il revient, et revient franchement : *Les Médailles d'argile* (1900), *La Cité des eaux* (1902), *La Sandale ailée* (1906) sont d'un versificateur classique, sonnets et alexandrins compris. Le symbolisme l'a formé ; le Parnasse l'a repris.
Cette double appartenance n'est pas qu'une affaire d'école. En 1896 il épouse Marie de Heredia, fille de José-Maria de Heredia, elle-même poète et romancière sous le nom de Gérard d'Houville. Le mariage fut malheureux et le milieu le savait ; il fit du gendre du plus strict des Parnassiens la figure de proue des symbolistes, ce qui est une position littéraire autant que familiale.
Son œuvre en prose est considérable et l'a fait vivre : *La Double Maîtresse* (1900), *Le Bon Plaisir*, *L'Amphisbène*, des récits vénitiens qu'il tira de séjours répétés à Venise. Il entre à l'Académie française en 1911, reçoit le grand prix de littérature, et occupe pendant vingt ans la place d'un homme de lettres accompli dont la poésie passe déjà pour celle d'une génération précédente.
*1914-1916* (1918) est le livre de sa vieillesse et le seul qui parle de l'actualité : trente-trois pièces sur la guerre, écrites à cinquante ans passés, où le poète des jardins de Versailles nomme la Marne, la Belgique et les blessés.
Il meurt à Paris le 23 mai 1936, à soixante et onze ans.
- À Charles Muller
- A l’exil printanier des aubes
- À la Belgique
- À Maurice Demaison
- Adieux
- Allégorie
- Apostrophe funéraire
- Apparition
- Après la Forêt et la Mer
- Ariane
- Attributs
- Au nocturne cristal d’un lac morne
- Au site d’eau qui chante
- Aube
- Aube d’automne
- Aux frontons du palais
- Aux Soldats de demain
- Blanche couronne
- C’est la même tristesse encore et la même âme
- C’est pour aller vers toi
- Cautus incautæ
- Ce décor
- Ce fut au soir
- Cendres
- Ceux qui restent
- Chevalier de Malte
- Choisis !
- Chrysilla
- Commémoration
- Contraste
- Crépuscule d’automne
- Dans une Vigne vendangée
- De quelque antique terre
- Déjanire
- Des chiens en exil
- Des quatre coins égaux d’un marbre
- Dionysiaque
- Discours à Daphnis
- Écho
- Écho marin
- Effigie double
- Effigies
- Églogue
- Églogue marine
- Églogue métaphorique
- Élégie
- Élégie double
- Épigramme
- Épitaphe pastorale
- Espoir
- Et les voilà liés
- Et nous vîmes des morts d’étoiles
- Été
- Exorde
- Figurines pour un Tombeau
- Fin de journée
- Fontaines divines
- Hausse la coupe d’or
- Hercule pour mourir monte sur son bûcher
- Héroïde
- Heure d’Automne
- Heures
- Homme, je t’ai suivi longtemps
- Imagerie
- In memoriam
- Inscription sur une Porte fermée
- Invocation mémoriale
- J’ai conduit le cheval à travers la forêt
- J’ai feint que les Dieux m’aient parlé
- J’ai joué de la flûte auprès de la fontaine
- J’ai ri
- J’avais marché longtemps
- Jour d’Automne
- Jouvence
- L’Abbesse
- L’Abri
- L’Accueil
- L’Accueil (Aréthuse)
- L’Accueil (La Corbeille des heures)
- L’Adieu (J’ai tressé, brin à brin, la corbeille des Heures)
- L’Adieu (Si la mer prend un jour mon corps en ses tempêtes)
- L’Alerte
- L’Algue
- L’Allusion à Narcisse
- L’Amateur
- L’Amie
- L’Amour
- L’Amour et le Sommeil
- L’Amour mordu
- L’Anniversaire
- L’antique Mort
- L’Arc
- L’Attente (Le jardin, cet avril, a porté bien des roses)
- L’Attente (On attend. Nul cœur n’est sombre)
- L’Augure
- L’Aveugle
- L’Eau
- L’Échange
- L’Empreinte
- L’Entrée au parc
- L’Espoir
- L’Exilé (Ô deuil de ne pouvoir emporter sur la mer)
- L’Exilé (On a banni mon corps et je bannis ma cendre)
- L’herbe est douce le long du fleuve
- L’hiver
- L’Hommage
- L’Île
- L’Ile de Cranaé
- L’Illusion
- L’Image
- L’Infidèle
- L’invisible Présence
- L’Ivresse
- L’Obole
- L’Obstiné
- L’Offrande (La Corbeille des Heures)
- L’Offrande (Les Roseaux de la Flûte)
- L’Oisive
- L’Oncle
- L’or clair de vos cheveux
- L’orgueil
- L’Ouvrier
- La Barque (J’ai rempli jusqu’au bord, de la poupe à la proue)
- La Barque (Le battant refermé de la porte d’airain)
- La Belle Année
- La Bête
- La Clef
- La Conque
- La Couronne
- La Dame
- La Danse
- La Demoiselle
- La Fileuse
- La Fontaine aux Cyprès
- La Galère
- La Grotte (Cette heure de sieste lasse s’alourdit)
- La Grotte (Jadis, nous étions trois Faunes dans la forêt)
- La Hache
- La Hache et le Filet
- La Halte
- La Lampe
- La Liseuse
- La Lyre
- La Maison
- La maternelle Mer
- La Mère
- La Muse
- La Païenne
- La Pendule de porcelaine
- La Pensée
- La Porte s’ouvre
- La Prisonnière
- La Promenade
- La Promeneuse
- La Récompense
- La Ronce
- La Sagesse de l’Amour
- La Statue
- La Tête
- La Tisiphone d’or sur un socle d’airain
- La Trace
- La Vaine Vendange
- La Victoire
- La Ville
- La Ville menacée
- La Voix
- Le Bain
- Le Beau Retour
- Le Berceau
- Le Blessé
- Le Bouquet noir
- Le Buveur
- Le Captif
- Le Centaure
- Le Chasseur
- Le chaud soleil d’Été
- Le Cippe
- Le Combat
- Le Compagnon
- Le Convalescent
- Le Courtisan
- Le Créole
- Le Départ (Je n’emporte avec moi sur la mer sans retour)
- Le Départ (Nous partirons. Voici l’aurore, et le vent pâle)
- Le Dernier soir
- Le Fardeau
- Le Faune au Miroir
- Le Feu
- Le Fils
- Le fleuve a recouvert la berge
- Le flot des lourds cheveux
- Le Foyer
- Le Fuseau
- Le Galant émigré
- Le Gentilhomme
- Le grand cheval ailé dormait
- Le Huguenot
- Le Jardin d’Armide
- Le Jardin mouillé
- Le Livre
- Le Manteau
- Le Maraudeur
- Le Marin
- Le Mignon
- Le Pas
- Le Passager
- Le Passant
- Le Père
- Le Philtre
- Le Piège
- Le Regret
- Le Repos
- Le Retour (Le vent a pas légers et la pluie à pas lourds)
- Le Retour (Plus bas que la colère et plus haut que l’amour)
- Le Réveil (La nuit lente s’en va peu à peu. J’ai rêvé)
- Le Réveil (Tout le printemps qui chante avec tous les oiseaux)
- Le Revenant
- Le Routier
- Le Serment
- Le Singe
- Le Soldat (Au tocsin qui sonna la fuite de Varennes)
- Le Soldat (Hier encor, j’aimais les roses)
- Le Sommeil
- Le son du clairon d’or
- Le Taureau
- Le Temps
- Le Vase
- Le Verger
- Le Vétéran
- Le Visiteur
- Le Voleur d’abeilles
- Le Voyageur
- Les cheveux libérés
- Les Corbeilles
- Les Déesses veillent encore
- Les Deux Grappes
- Les Deux Sœurs
- Les Ennemis
- Les Feuilles
- Les Fontaines
- Les Frères
- Les Gardiennes
- Les lourds couchants d’été
- Les Mains
- Les Ombres des Heures
- Les Ombres fidèles
- Les Pins
- Les Présents maladroits
- Les Regrets
- Les Souhaits
- Les Travaux
- Les Veilleurs
- Les violons chantent derrière le décor
- Les Visiteuses
- Lever de lune
- Lourds de mémoires magnifiques et rieuses
- Lux
- Madrigal lyrique
- Manes
- Masque tragique
- Médaille
- Médaillon pastoral
- Métamorphose sentimentale
- Mieux que la maison, l’âtre
- Mors
- Nous n’arriverons pas, ô mon âme
- Nuit d’Automne
- Ode
- Ode I
- Ode II
- Ode III
- Ode IV
- Ode marine
- Odelette (J’aurais pu dire mon Amour)
- Odelette (Si j’avais mieux connu mon amour, si j’avais mieux)
- Odelette I
- Odelette II
- Odelette III
- Odelette IV
- Odelette IX
- Odelette V
- Odelette VI
- Odelette VII
- Odelette VIII
- Odelette X
- Odelette XI
- Panneau
- Paroles dans la Nuit
- Passé
- Pégase
- Péroraison
- Philénis et Eucrate
- Philoctète
- Portrait double
- Portraits de mains
- Pour la Porte des Astrologues
- Pour la Porte des Comédiennes
- Pour la Porte des Courtisanes
- Pour la Porte des Exilés
- Pour la Porte des Guerriers
- Pour la Porte des Marchands
- Pour la Porte des Mendiants
- Pour la Porte des Pasteurs
- Pour la Porte des Prêtresses
- Pour la Porte des Voyageurs
- Pour la Porte Mortuaire
- Pour la Porte Nuptiale
- Pour la Porte sur la Mer
- Pour le jour des morts
- Prélude
- Près de la haute croix
- Prologue. — Ce chant me racontait mon rêve
- Puella
- Quand même !
- Refrain
- Renaissance
- Réveil
- Rien n’a changé
- Salut !
- Salut aux braves !
- Sentence
- Soir
- Soldats
- Sonnet
- Sponsalia
- Stances (L’hirondelle légère et la rose qui penche)
- Stances (Si ta colère un soir, égorge dans ta vie)
- Stèle
- Strophes alternées
- Sur la grève
- Sur les parterres
- Sur les rives de la Marne
- Ta vie eut des splendeurs
- Timandre
- Trois sonnets pour Bilitis
- Un blanc sol de ramiers
- Un caprice cruel a cloué sur la proue
- Un tintement de pluie
- Un Vieillard
- Va-t-en Muse
- Vers la Mer
- Via
- Vœu
- Vous avez conservé la grâce
- Voyages