La Porte s’ouvre

Henri de Régnier

Épisodes, Sites et Sonnets — 1891

La Porte s’ouvre d’or et d’airain, mon Espoir, Entreras-tu parmi ceux-là qu’un doute ronge Dans la maison de ton Destin où se prolonge L’intérieur écho provoqué du heurtoir. Dans la dernière salle, au mur, est le miroir Où se verra ta face ainsi qu’elle se songe ! Selon ton âme véridique ou ton mensonge Ta vie à jamais telle ira jusqu’à son soir. La porte s’ouvre, entre ou recule, c’est le seuil De la douce douleur ou du sonore orgueil Et nul n’a repassé le vestibule sombre. Pour, au nom de la cendre et du laurier amer, Dire du haut du porche à ceux qu’en tente l’ombre Si le masque d’or pâle a des lèvres de chair.