Aux frontons du palais

Henri de Régnier

Épisodes, Sites et Sonnets — 1891

Aux frontons du Palais un lent vol de colombes S’abat en tournoyant dans l’azur vert du soir… La cendre des bûchers éparse dans le soir Pleut son silence sur le cri des hécatombes ; Ô lèvres qui riiez aux baisers des colombes ! Et vous qui méditiez l’aveu d’un autre soir Vierges, fallût-il que votre sang, ce soir, Doublât de son tribut le prix des hécatombes ! La blancheur de vos chairs se tordit aux brûlures Des flammes qui montaient et que le vent du soir Agitait sur vos fronts comme des chevelures, Le vent qui dispersa vos cendres en semailles Vers les champs où repose au sarcophage l’Hoir Royal dont votre mort para les funérailles.