L’Espoir

Henri de Régnier

1914-1916 — 1918

Patrie, ils t’ont blessée au flanc, mais tu es forte Et le fer de ta plaie est une arme à ta main ! J’entends battre ton cœur énergique et hautain, Ce cœur que rien ne brise et que l’espoir exhorte… Comme la légion, jadis, et la cohorte, Tes régiments te font une digue d’airain Contre laquelle écume en sang le flot germain, Mascaret monstrueux dont la marée avorte. Si beaucoup sont tombés en ces âpres exploits, Ne pleure pas leur mort, Patrie aux yeux de mère, Puisque, par un matin de gloire et de colère, Nous verrons la Victoire accourue à ta voix Ouvrir superbement au front de notre armée Son aile triomphale et trop longtemps fermée.