Les Déesses veillent encore

Henri de Régnier

Épisodes, Sites et Sonnets — 1891

Les Déesses veillent encore aux péristyles D’un avenant sourire aux hôtes attendus, Et leurs yeux attristés et leurs regards perdus Vont à la perspective aux vieux décors futiles : Parterres où les ifs taillés, en longues files, Dressent le bronze vert de leurs cônes tondus, Ronds-points où les jets d’eau sourdent, inattendus, De vasque circulaire en gerbes volatiles, Lointains boisés où se détournent des chemins Favorables aux pas brisés des lendemains Lourds du deuil vigilant d’éternelles absences, Mirages automnaux des arbres effeuillés Aux bassins dont ne trouble plus les somnolences L’élan silencieux des Cygnes exilés.