Poètes et poétesses

Charles d’Orléans

Prince du sang, prisonnier des Anglais pendant vingt-cinq ans : Charles d'Orléans (1394-1465) a fait de sa captivité une œuvre.

Duc d'Orléans et de Valois, poète, et premier auteur médiéval du corpus.

Il naît à Paris le 24 novembre 1394, fils de Louis d'Orléans — frère du roi Charles VI — et de Valentine Visconti, fille du duc de Milan. Il est petit-fils de Charles V, et sera le père de Louis XII.

Son père est assassiné le 23 novembre 1407 sur ordre de Jean sans Peur, duc de Bourgogne ; sa mère meurt peu après. **À treize ans, il se retrouve chef du parti Armagnac** et de la féodalité française. En 1415, à Azincourt, il mène les armées royales contre Henri V : la chevalerie française y est anéantie, et Charles est fait prisonnier.

Il restera **vingt-cinq ans captif en Angleterre**. C'est là qu'il écrit l'essentiel de ce qu'on lit de lui : soixante-dix ballades, des rondeaux, des complaintes. La captivité n'est pas seulement le cadre de cette œuvre, elle en est le sujet — l'attente, l'ennui, la France regardée de loin, le temps qui passe sans rien apporter. Sa langue est nette, sans emphase, et travaille par images tenues : le *Songe en complainte* où Amour lui reprend son cœur, la *Complainte de France*.

Libéré en 1440 après négociation par Philippe le Bon, il s'installe à Blois, où sa cour devient un foyer poétique — c'est là que Villon concourt sur le vers « Je meurs de seuf auprès de la fontaine ». Il meurt à Amboise le 5 janvier 1465.

Petit Poème réunit 100 de ses poèmes, tels que l'édition Flammarion de 1915 les transmet : les 73 pièces du *Poème de la prison* et les 26 *Ballades*. Ses échanges de lettres en vers avec Bourgogne et avec Fredet restent dehors — ce sont des pièces à plusieurs mains, et le corpus ne range pas sous un nom ce qu'un autre a écrit. Leur graphie d'époque a été modernisée.