Poètes et poétesses

Jean de La Fontaine

Ce ne sont pas les Fables qui valurent des ennuis à Jean de La Fontaine (1621-1695), mais des Contes que la police fit interdire en 1675.

Fabuliste et conteur du Grand Siècle, client de Fouquet puis hôte des salons, et le poète français le plus récité depuis trois cents ans.

Il naît à Château-Thierry le 8 juillet 1621, dans une famille d'officiers des eaux et forêts. Il achète la charge de son père en 1652, l'exerce vingt ans et la revend en 1672. Il écrit dans le même temps, sans hâte.

Sa vie tient à ses protecteurs. Nicolas Fouquet, surintendant des Finances, lui verse une pension de 1658 à 1663 ; quand Fouquet tombe, La Fontaine prend sa défense en vers, ce que Louis XIV n'oubliera pas. Il passe au service de la duchesse d'Orléans en 1664, puis vit chez Marguerite de La Sablière de 1672 à la mort de celle-ci, en janvier 1693 ; la duchesse de Bouillon et Anne d'Hervart, qui l'héberge à la fin, complètent la liste.

Les Fables ne sont pas un livre, mais trois. Le premier recueil, livres I à VI, paraît à l'automne 1668 et se dédie au Dauphin, alors âgé de sept ans ; le deuxième, livres VII à XI, en 1678-1679, à Mme de Montespan ; le douzième livre en 1693, daté 1694, au duc de Bourgogne. Vingt-cinq ans séparent le premier vers du dernier, et l'on entend la différence : la brièveté ésopique des débuts cède à des pièces longues et philosophiques où l'auteur parle en son nom. Les Contes, eux, paraissent de 1665 à 1675, et c'est là qu'est le scandale : la police les interdit le 5 avril 1675, les jugeant remplis de termes indiscrets. Ce sont eux, et non les Fables, qui feront obstacle à son élection à l'Académie française, acquise le 2 mai 1684 malgré l'hostilité du roi.

Gravement malade en décembre 1692, il reçoit l'extrême-onction le 12 février 1693 après avoir désavoué ses contes devant une délégation de l'Académie. Il meurt à Paris le 13 avril 1695, à soixante-treize ans.

Petit Poème réunit 220 de ses fables, soit la quasi-totalité des trois recueils, du « Corbeau et le Renard » et de « La Cigale et la Fourmi » aux pièces tardives des « Deux Pigeons » et du « Vieillard et les trois jeunes Hommes ».