Poètes et poétesses

Léocadie Hersent-Penquer

Léocadie Hersent-Penquer (1817-1889), poétesse et « muse brestoise », publie son premier recueil précédé d'une lettre de Lamartine à l'auteur.

Poétesse bretonne du Second Empire, muse de Brest et cofondatrice de son musée des beaux-arts, correspondante de Lamartine, de Hugo et de Leconte de Lisle.

Née le 14 février 1817 au château de Kérouartz, en Lannilis, dans une famille bretonne établie, elle grandit dans le Léon plutôt qu'à Paris. Veuve d'un premier mariage, elle épouse en 1851 le médecin Auguste Salaün-Penquer, qui deviendra maire de Brest, et s'installe dans la ville avec lui.

Le couple fonde ensemble, en 1875, le musée des beaux-arts de Brest : elle en est cofondatrice, non l'épouse d'un mécène qui se serait effacée derrière lui.

Son premier recueil, Les Chants du foyer (1862), s'ouvre sur une lettre de Lamartine à l'auteur — une forme de patronage que peu de poétesses de province obtenaient alors —, et plusieurs de ses pièces s'adressent directement à lui, comme pour prolonger la conversation. Le titre dit le programme : une poésie du foyer, de la mère, de l'enfant, de la Bretagne natale — Kérouartz, Kergleuz, Penmarc'h y reviennent comme des lieux qu'elle n'a jamais quittés en esprit. Cette poésie intime cohabite chez elle avec une ambition plus large : Velléda (1869) reprend en vers le personnage druidique popularisé par Chateaubriand pour en faire une épopée chrétienne et bretonne. C'est ce grand écart entre la miniature domestique et le souffle épique que ses contemporains — Hugo et Leconte de Lisle inclus — semblent avoir salué chez elle.

Elle publie ensuite Révélations poétiques (1864), puis se tourne vers le théâtre en vers avec Syndoryx, le barde de Penmarc'h (1870) et L'Œillet rose (1874), avant un dernier conte breton en prose, La Payse (1888).

Elle meurt à Brest le 19 décembre 1889, à soixante-douze ans. Un recueil posthume, Mes nuits, paraît en 1891. Lannilis, où elle est née, porte aujourd'hui une rue à son nom.