LE JALOUX
Léocadie Hersent-Penquer
Hermine, quand le vent lève un coin de ton voile
Et montre à tous ton œil brillant et radieux,
On dirait dans l'azur une splendide étoile,
Qui, perçant un nuage, apparaît dans les cieux.
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Hermine, quand le vent entr'ouvre ta mantille
Laissant voir, à chacun, ton beau corps comme à moi,
On se demande alors, ô chaste jeune fille!
Si la Vénus antique est plus belle que toi !
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Hermine, quand le vent soulève un peu ta manche
Et découvre ton bras demi-nu sur ton flanc,
Dn s'étonne et l'on dit que la neige est moins blanche;
JJu'un marbre de Carrare est, lui-même, moins blanc!
t dermine,
quand le vent dérange ta coiffure
Et défait tout à coup tes cheveux ondoyés,
On croirait, rien qu'à voir tomber ta chevelure,
Que tout l'or du Pactole a roulé sur tes pieds.
Dis-moi, sais-tu pourquoi ma tristesse redouble ?
Ou pourquoi, quand tu sors, je te suis en rêvant?
Sais-tu pourquoi mon cœur, qui t'aime tant, se trouble?
Hermine, le sais-tu?—Je suis jaloux du vent!
Le vent peut, sur ton bras, où le duvet se joue,
Soulever la guipure et, de ce bras charmant,
Monter, quand il le veut, à ta lèvre, à ta joue,
Hermine, et t'enivrer comme un baiser d'amant.
te vent peut soulever ton voile ! et, moi, je n'ose!
Passer dans tes cheveux si blonds, si fins, si doux !
Hermine, sous ta mante, il peut toucher la rose
Qui parfume ton sein, et moi je suis jaloux ! -