UN CŒUR A PRENDRE
Léocadie Hersent-Penquer
Ma jeune amie est une folle blonde
Avec des yeux aussi profonds que l'onde,
D'un bleu d'azur;
Avec des bras de marbre de Carrare ;
Des mains d'enfant, d'une beauté bien rare ;
Un front bien pur !
Ses dents ont l'air, sous ses lèvres mi-closes.
D'être des lis cachés entre des roses,
Dans un bouquet,
Et le parfum qui sort de son haleine,
A la senteur de la fraîche verveine,
Ou du muguet.
Ses cheveux d'or sont doux comme la soie ;
Son col flexible est si fin qu'il ondoie
Comme un roseau ;
Sous son corsage entouré de dentelles.
Sa blanche épaule a l'air d'avoir des ailes
Comme l'oiseau.
Sa marche est vive, empressée et légère ;
Et quand son pied effleure la fougère,
Ou les gazons,
Je crois entendre une aile d'alouette,
Ou bien un vol de timide fauvette
Sur les buissons.
Elle a cet âge où tout chante en notre âme ;
Où tout est bon, dans l'homme et dans la femme;
Où tout est doux;
Où l'esprit rêve et croit; où le cœur vibre
Et veut aimer :-Pourtant son cœur est libre !
Le voulez-vous?