LES ORPHELINS
Léocadie Hersent-Penquer
Sur un parvis obscur et que la neige encombre,
Tous deux s'étaient blottis se tenant par la main.
Ils disaient en pleurant :—«Oh ! que la nuit est sombre ! »
«Oh! que j'ai froid, mon frère!»—«Oh! ma sœur, que j'ai faim!
-«-Tant d'autres dans la vie ont des bonheurs sans nombre!
« Des caresses, du feu, des lits chauds et du pain ! »
— « Une mère, ma sœur, qui les endort dans l'ombre ! »
— « Et qui chante, mon frère, et qui dit : à demain !
« Une mère qui prie et dit : 0 Dieu suprême !
« Aimez bien mes enfants !. autant que je les aime !
a Qu'ils soient toujours heureux ! qu'ils ne soient jamais seuls !
Puis leur voix s'éteignit dans une défaillance;
Puis un soupir. puis tout rentra dans le silence.
La neige fut prodigue et leur fit deux linceuls.
Décem bre 18.