LE MATIN
Léocadie Hersent-Penquer
Tu dors, et j'ai les yeux fixes sur ton sommeil,
Je guette avec amour sur ta lèvre immobile
Un signe, un mouvement annonçant ton réveil.
Tu dors indifférente, hélas ! calme et tranquille !
Tu dors ! mais c'est le temps d'aimer ! Vois le soleil
Qui nous invite à fuir les chaleurs de la ville;
Vois le ciel qui s'enflamme à l'horizon vermeil
Et qui semble nous dire : Aimer ! c'est si facile !
Il se tut.- Elle ouvrit alors son œil d'azur ;
Un rayon en jaillit comme un jet de lumière
Eclairant tout à coup sa splendide paupière,
Ses cheveux aux flots d'or, son front candide et pur :
— Oh ! dit-il enivré, la retrouvant si belle,
A quoi donc rêvais-tu? — Je t'écoutais, dit-elle !
Juin 18.