MA FILLE

Léocadie Hersent-Penquer

Viens, oh ! viens près de moi, ma fille, mon étoile ! Sans toi, tout dans l'azur s'assombrit et se voile Hélas ! pour mon regard ! Sans toi, plus de chaleur pour moi, plus de lumière : Je suis comme une aveugle errant dans la poussière Et marchant au hasard ! Ma fille, mon joyau, mon trésor, ma fortune, Viens, oh ! viens m'embrasser ! que nous puissions chacune, Chacune, tour à tour, Échanger nos baisers, échanger nos caresses, Confondre nos bonheurs, confondre nos ivresses, Confondre notre amour ! Je t'aime !. oh! mais je t'aime à ne pouvoir te dire Combien je t'aime!. hélas! le son manque à ma lyre, Le mot à mes accents ! Tu fonds mon cœur en joie : inextinguible flamme, Mon amour maternel brûle, enivre mon âme, Envahit tous mes sens. Tu parais, et je dis : « —0 mon Dieu, qu'elle est belle ! Sa joue est une fleur; son col de tourterelle A la blancheur du lait ! » — Tu parles : je t'écoute attentive et ravie! Tu chantes : tout est doux, bien plus doux dans ma vie ! Tu souris : tout me plaît ! Viens, oh ! viens dans mes bras, ô ma fille! ô ma fille ! Mon orgueil, ma beauté, mon enfant, ma famille, Mon Éden ici-bas ! Mon ange gardien, mon ange tutélaire, Toi, dont l'œil radieux m'éblouit ou m'éclaire, Viens, oh ! viens dans mes bras !