TROIS COQUETTES
Léocadie Hersent-Penquer
Jeanne portait des fleurs, Angèle des joyaux;
Louise n'avait rien dans ses cheveux d'ébène,
; Sachant bien que partout elle était souveraine,
, Que partout ses cheveux sembleraient les plus beaux.
Comme des champions qui luttent dans l'arène,
Ou des cygnes vainqueurs qui planent sur les eaux,
Toutes trois se livraient de superbes assauts,
Et disaient tour à tour :-C'est moi qui suis la reine ! —
Et je les regardais le cœur plein de mépris :
—« Oh! mon ami, disais-je, attacher tant de prix
« Aux succès d'un moment ! y trouver tant de joie !
« Quand on a, dans cette ombre où nous sommes cachés,
« Tous les deux, l'un à l'autre à jamais attachés,
« Ce rayon de l'amour qui couronne et flamboie! » —