A TOI
Léocadie Hersent-Penquer
Que deviendrait, dis-moi, l'humble fleur épuisée,
Sans la rosée?
NICOLAS MARTIN.
Que deviendrait le cœur qui rêve, ou bien espère,
Sans la chimère ?
Et la main qui tâtonne et qui cherche au hasard,
Sans le regard ?
Et l'esprit du poëte, où Dieu mit le génie;
Sans l'harmonie ?
Et l'homme qui combat, ou cède au désespoir,
Sans le devoir ?
Et le palais des rois, que la gloire abandonne,
Sans la couronne ?
Et l'humble laboureur, courbé sur le sillon,
Sans la moisson?
Que deviendrait la vie, exposée à l'orage,
Sans le courage?
Et le sentier, rempli de parfums et de fleurs,
Sans voyageurs?
Et le nid, qu'un ramier protège de son aile,
Sans tourterelle?
La bouche, qu'un rayon d'amour vient embraser,
Sans le baiser?
Et la sainte pudeur, à la femme si chère,
Sans le mystère ?
Et mon vœu, qui pour toi monte vers le Seigneur,
Sans ton bonheur?