Marie Krysinska
Seule femme des cercles du Chat noir, Marie Krysinska (1857-1908) publiait des vers libres cinq ans avant ceux à qui l'on en attribue l'invention.
Poétesse et compositrice polonaise, figure du Paris littéraire des années 1880, l'une des premières voix du vers libre français.
Née à Varsovie le 22 janvier 1857 dans une famille de la bourgeoisie intellectuelle — son père est avocat, son grand-père économiste —, elle arrive à Paris à seize ans pour étudier l'harmonie et la composition au Conservatoire. Elle abandonne la musique pour la littérature, sans que la musique la quitte jamais.
À partir de 1882, elle publie dans La Vie moderne, Le Chat noir et La Revue indépendante. Elle est la seule femme des bandes qui se succèdent au cabaret du Chat noir — Hydropathes, Zutistes, Hirsutes —, où elle tient le piano. En octobre 1885, elle épouse le peintre et lithographe Georges Bellenger.
C'est de ces années que date la querelle qui décidera de sa postérité. « Symphonie en gris », parue dans Le Chat noir en 1882, est écrite en vers libres : cinq ans avant les recueils de Gustave Kahn, de Jules Laforgue et de Francis Vielé-Griffin, à qui l'histoire littéraire attribue ordinairement l'invention de la forme. Kahn l'accuse de plagiat ; elle établit l'antériorité de ses publications et se bat, au milieu des années 1880, autant pour sa priorité que pour l'idée qu'une femme puisse inventer quelque chose. Les spécialistes discutent encore de ce qui revient à chacun ; les dates, elles, ne se discutent pas.
Son œuvre poétique tient en trois recueils : Rythmes pittoresques (1890), préfacé par J.-H. Rosny, Joies errantes (1894) et Intermèdes (1903). Elle publie aussi de la prose — L'Amour chemine (1892), Folle de son corps (1896), La Force du Désir (1905). Les titres de ses poèmes disent l'oreille de la musicienne : sonates, sérénades, symphonies, berceuses. Le vers y renonce à la rime et au compte des syllabes pour suivre la respiration de la phrase.
Elle meurt à Paris le 15 septembre 1908, à cinquante et un ans. Son nom s'efface ensuite des anthologies, que la recherche universitaire a rouvertes depuis. Petit Poème réunit les 79 poèmes de Rythmes pittoresques et de Joies errantes, « Symphonie en gris » comprise.
- Ariane
- Bacchanale
- Ballade
- Berceuse macabre
- Chanson d’automne
- Chanson d’autrefois
- Chanson dans les vignes
- Chanson des cendres
- Chanson joyeuse
- Chanson moderne
- Chanson tendre
- Chanson triste
- Chansonnette
- Danse d’Espagne
- Danse d’Orient
- Danse slave
- Effet de soir
- Effigies
- Ève
- Fleur des prés
- Giboulées
- Hélène
- I. Midi
- Idylle
- II. Les rocs
- III. Horizons
- Javanaises
- Jeanne d'Arc
- Judith
- L’ange gardien
- La charité
- La du Barry
- La gigue
- La Habanera
- La journée
- La mort de Cléopâtre
- La parure
- La pavane
- La reine des neiges
- La source
- La valse
- La vie
- Le calvaire
- Le démon de Racoczi
- Le hibou
- Le poème de la vigne
- Le poème des caresses
- Le poème des couleurs
- Le portrait
- Le Sabbat
- Légende
- Les bijoux faux
- Les endroits
- Les fenêtres
- Les petits Chemins
- Magdelaine
- Marie
- Marines
- Marion
- Menuet
- Métempsychose
- Naissance d’Aphrodite
- Nature morte
- Oumé
- Paradoxe
- Pleine mer
- Prélude
- Reprise
- Roman dans la lune
- Ronde au bois
- Ronde de mai
- Ronde de printemps
- Sérénade
- Soir
- Sonate
- Suite d'orchestre
- Symphonie des parfums
- Symphonie en gris
- Villanelle