Les endroits

Marie Krysinska

Joies errantes — 1894

C’est bien un peu de nous-même — Du nous-même d’autrefois — Qui reste épars aux coins oubliés Où nos cœurs ont palpité. Mais aux décors bénis où vécut notre joie, Où les riantes Avenues d’Espoir s’ouvraient, divines — Erre une ombre douloureuse, comme d’une âme orpheline — Et l’aile funèbre de la Mélancolie, s’y déploie. Tandis que les endroits jadis désertés Par nous, en pleurant d’irréparables malheurs, Revêtent à nos yeux résignés Une miraculeuse douceur.