III. Horizons

Marie Krysinska

Rythmes pittoresques — 1890

HORIZONS À Alfred Rambaud. Les âpres mâchoires des rochers Ont dévoré le déclinant soleil Et la peau aux lourdes rides — La rude peau des monstres accroupis — S’éclabousse du sang rosé Que répandit le déclinant soleil. C’est l’Heure épanouie comme une large Fleur Où le ciel attristé semble prendre en ses bras Les monts, les arbres et la mer Pour d’intimes communions À l’horizon perdu. L’olivier pleure aux bords des routes ; Et tout là-bas dans la vallée Sonnent les gaies couleurs des toitures. Mais, voici reparaître la montagne — Reine Qui porte dans les plis de son long manteau Les forêts, les vignes et les villes — Puis, la mer seule Et dans le beau ciel d’or mourant Les grandes vagues immobiles Des Alpes au loin. Route de la Corniche.