Chanson tendre

Marie Krysinska

Joies errantes — 1894

Laissons gémir le Vent d’Hiver Puisqu’un Soleil plus empourpré Que les Soleils de Juillet Flambe dans nos cœurs qui se parlent de tout près. Laissons neiger les éphémères fleurs Des pommiers poudrés de Printemps ; — Un Avril éternel fleurit nos chers bonheurs. Laissons défaillir les feuillages accablés Par la chaude étreinte de l'Été ; — Une langueur plus exquise nous retient enlacés. Laissons pleurer le Ciel d’Automne Puisque des pleurs d’extase baignent nos yeux ravis, Et que plus tendrement encore nous unit La trois fois chère Mélancolie.