La gigue

Marie Krysinska

Rythmes pittoresques — 1890

Les talons Vont D’un train d’enfer Sur le sable blond. Les talons Vont Sur le plancher clair D’un train d’enfer. Implacablement Et rythmiquement, Avec une méthode d’enfer, Les talons Vont. Cependant le corps, Sans nul désarroi, Se tient tout droit, Comme appréhendé au collet Par les Recors. La danseuse exhibe ses bas noirs Sur des jambes dures Comme du bois. Mais le visage reste coi Et l’œil vert Comme les bois Ne trahit nul émoi. Puis, d’un coup sec Comme du bois, Le danseur, la danseuse Retombent droits D’un parfait accord, Les bras le long Du corps Et dans une attitude aussi sereine Que si l’on portait La santé De la Reine. Mais de nouveau Les talons Vont D’un train d’enfer Sur le plancher clair.