Poètes et poétesses

Victor Hugo

Deux millions de personnes suivirent son cercueil : Victor Hugo (1802-1885) avait passé dix-neuf ans en exil et n'était rentré qu'avec la République.

Poète, romancier, dramaturge et homme politique, sommet et centre de gravité du romantisme français, présent dans son siècle d'un bout à l'autre.

Il naît à Besançon le 26 février 1802, fils d'un général d'Empire. Il publie très tôt, entre à l'Académie française le 7 janvier 1841, et donne coup sur coup Odes et ballades, Les Orientales (1829), Les Feuilles d'automne (1831), Les Chants du crépuscule, Les Voix intérieures (1837), Les Rayons et les Ombres (1840) : en dix ans, il a fait du romantisme une école et s'en est fait le chef.

Le 4 septembre 1843, sa fille Léopoldine se noie dans la Seine à Villequier avec son mari, leur barque ayant chaviré. Elle a dix-neuf ans, et il l'apprend par un journal, en voyage. Il ne publiera plus de recueil pendant douze ans.

Le coup d'État du 2 décembre 1851 fait le reste. Hugo quitte Paris le 11 décembre, gagne Bruxelles, puis Jersey le 5 août 1852, puis Guernesey le 31 octobre 1855 ; il n'en reviendra que le 5 septembre 1870, au lendemain de la proclamation de la République. Ces dix-neuf ans sont les plus productifs de sa vie et les plus étranges : Les Châtiments (1853), pamphlet en vers contre l'homme du 2 décembre, Les Contemplations (1856), où le deuil de Léopoldine trouve enfin sa langue, La Légende des siècles à partir de 1859. L'exil a fait d'un chef d'école un poète cosmique, et d'un pair de France un républicain.

Rentré, il traverse le siège, la Commune et les débuts de la Troisième République, et publie encore L'Année terrible (1872), L'Art d'être grand-père (1877), Les Quatre Vents de l'esprit (1881). Toute la lyre et Dernière Gerbe paraîtront après lui.

Il meurt à Paris le 22 mai 1885. Ses funérailles nationales, le 1er juin, conduisent son cercueil de l'Arc de triomphe au Panthéon devant une foule estimée à deux millions de personnes. Petit Poème réunit 943 de ses poèmes, des Odes et Ballades du jeune royaliste à Océan vers, publié soixante ans après sa mort — dont les 164 des Contemplations, les 97 de L'Année terrible et les 86 des Châtiments.