Quelle est la fin de tout

Victor Hugo

Les Voix intérieures — 1837

Qui la caresse et qui la sert. A l'abri d'un porche héraldique Sous un beau feuillage pudique Il la cache jusqu'au nombril; Et sous son pied blanc et superbe Étend les mille fleurs de l'herbe, Cette mosaïque d'avril! La mémoire des morts demeure Dans les monuments ruinés. Là, douce et clémente, à toute heure, Elle parle aux fronts inclinés. Elle est là, dans l'âme affaissée Filtrant de pensée en pensée, Comme une nymphe au front dormant Qui, seule sous l'obscure voûte D'où son eau suinte goutte à goutte, Penche son vase tristement! VI Mais, hélas! hélas! dit l'histoire, Bien souvent le passé couvre plus d'un secret Dont sur un mur vieilli la tache reparaît! Toute ancienne muraille est noire! Souvent, par le désert et par l'ombre absorbé, L'édifice déchu ressemble au roi tombé. Plus de gloire où n'est plus la foule! Rome est humiliée et Venise est en deuil. La ruine de tout commence par l'orgueil. C'est le premier fronton qui croule! Athène est triste, et cache au front du Parthénon Les traces de l'anglais et celles du canon,