« En hiver la terre pleure… »

Victor Hugo

Les Quatre Vents de l’esprit — 1881

En hiver la terre pleure ; Le soleil froid, pâle et doux, Vient tard, et part de bonne heure, Ennuyé du rendez-vous. Leurs idylles sont moroses. — Soleil ! aimons ! — Essayons. Ô terre, où donc sont tes roses ? — Astre, où donc sont tes rayons ? Il prend un prétexte, grêle, Vent, nuage noir ou blanc, Et dit : — C’est la nuit, ma belle ! — Et la fait en s’en allant ; Comme un amant qui retire Chaque jour son cœur du nœud, Et, ne sachant plus que dire, S’en va le plus tôt qu’il peut.