« J’ai beau comme un imbécile… »

Victor Hugo

Les Quatre Vents de l’esprit — 1881

J’ai beau comme un imbécile Regarder dans ma maison, Si bien qu’on dit dans la ville Que j’ai perdu la raison, J’ai beau chercher ; elle est morte. Elle ne reviendra pas. Elle est partie, et la porte Est encore ouverte, hélas ! Je tressaille quand on sonne. Je l’attends, j’en fais l’aveu. Où sont ces beaux jours d’automne Quand elle était là, mon Dieu ! Cette âme s’en est allée. Elle a fui, moi demeurant. La nuit, à l’ombre étoilée Je tends les bras en pleurant. Je m’accoude à ma fenêtre, Je songe aux jours révolus. Hélas ! ce pauvre doux être Qui chantait, je ne l’ai plus !