La demoiselle

Victor Hugo

Odes et Ballades — 1826

Un rien sait l’animer ; curieuse et volage, Elle va parcourant tous les objets flatteurs, Sans se fixer jamais, non plus que sur les fleurs Les zéphyrs vagabonds, doux rivaux des abeilles, Ou le baiser ravi sur des lèvres vermeilles. Quand la demoiselle dorée S’envole au départ des hivers, Souvent sa robe diaprée, Souvent son aile est déchirée Aux mille dards des buissons verts. Ainsi, jeunesse vive et frêle, Qui, t’égarant de tous côtés, Voles où ton instinct t’appelle, Souvent tu déchires ton aile Aux épines des voluptés.