Amélie Gex
Elle écrivait ses discours électoraux en patois pour être comprise des paysans : Amélie Gex (1835-1883), vigneronne et poète de Savoie.
Poétesse savoyarde, qui écrivit dans deux langues — le francoprovençal de son pays et le français — et fit de l'une un instrument politique.
Elle naît Amélie Rose Françoise Gex le 24 octobre 1835 à La Chapelle-Blanche, en Savoie, fille d'un médecin et viticulteur. Sa mère meurt quand elle a quatre ans ; elle grandit à Chambéry puis à Challes-les-Eaux chez sa grand-mère, et revient à quatorze ans chez son père. L'enfance est peu studieuse, et l'écriture arrive tard : vers trente-huit ans.
En 1860, à l'Annexion, elle est de ceux qui regrettent le roi de Sardaigne ; plus tard elle devient républicaine et fait de la politique. Le détail qui la résume est là : **elle rédige ses discours en patois** pour être entendue des électeurs ruraux. En 1877, le journal de propagande républicaine *Le Père André* commence à publier ses vers ; elle y signe d'abord Dian de la Jeânna — Jean fils de la Jeanne, un nom d'homme — puis de son vrai nom à partir du 25 mars 1879. À la mort de son père en 1876, elle avait repris seule l'exploitation du domaine familial avant de revenir vivre modestement à Chambéry.
Son œuvre se partage donc en deux. En savoyard : *Le Long de l'an* (1878), *Reclans de Savoué* (1879), *Lo cent ditons de Pierre d'Emo* (1882) — des chansons de vignerons et de paysans, la moisson, le battage au fléau, les vendanges. En français : les *Poésies* de 1879, imprimées chez Ménard à Chambéry, réunissant cinq suites écrites entre 1875 et 1877 — *Le Poème de l'Année*, *Cris dans l'Ombre*, *Échos Épars*, *Nouvelles Paroles sur de vieux Airs*, *En fermant le livre*.
Ces vers français ne ressemblent pas à ce que le titre laisse craindre. Elle y fait des villanelles et des triolets, un « Chant malais », une « Vision de la belle Aude » qui pastiche la langue d'un vieux manuscrit sur seize strophes ; elle y écrit à Victor Hugo ; et elle y revient sans cesse aux morts, aux églises vides, aux maisons qu'on quitte. Critiquée pour son anticléricalisme, elle se disait athée. L'Académie de Savoie la récompense en 1882. Elle meurt à Chambéry le 16 juin 1883, à quarante-sept ans.
Petit Poème réunit les 79 poèmes des *Poésies* de 1879, soit le recueil entier. Son œuvre en savoyard n'y est pas : ce serait une autre langue, et le corpus ne sait pas encore la porter.
- À la Dérive !
- À Madame J. S. D.
- À Victor Hugo. Ode
- Allégorie. Sonnet
- Allégro printanier
- Amour d’Avril
- Au fond des Bois
- Berceuse
- Chanson
- Chant d’avril
- Chant de Fauvette
- Chant malais. Imitation
- Comme le dit un vieil adage. Virelai
- Comme les morts sont bien couchés sous l’herbe épaisse ! Sonnet
- Comment peux-tu rester au fond des Cieux tranquilles. Sonnet
- Dans les replis profonds des plaines éthérées. Sonnet
- Décembre. Sonnet
- Dépit
- Elles s’en vont les âmes blanches
- Elles s’en vont les joyeuses pensées
- En Mai comme les églantines. Sonnet
- Fleur d’automne. Sonnet
- Janvier. Il neige !
- Je te revois encor, pauvre chère maison
- Jeunes Amours
- L’Absente
- L’Adieu aux hirondelles
- L’Amour à sept ans
- L’Arbre du Cimetière
- L’Automne
- L’Avril des tombes. Sonnet
- L’Hiver est là
- La Complainte du Roulier
- La Conquête d’un Nid
- La Fin de la Journée. Sonnet
- La Fleur du Temple
- La Forêt
- La Moisson
- La Nuit sur le hameau courbe son aile noire. Sonnet
- La part du Pauvre. Sonnet
- La Ruine aimée. Sonnet
- La veille des morts
- La Vision de la belle Aude
- La Voix du Vent
- Le Matin. (Premier prix. Académie de Savoie)
- Le Pardon. Sonnet
- Les Chercheuses d’azur. Sonnet
- Les deux Tristesses. Sonnet
- Les Soifs. Sonnet
- Les Vieilles Églises
- Magenta
- Mars. Sonnet
- Mon pauvre cœur, laisse dormir ta peine. Rondel
- Ni plus ni moins, toujours autant. Rondeau
- Nonne pateline. Lai
- Novembre
- Petits Sentiers
- Plus tard vous le saurez ce mot qu’on veut vous taire. Sonnet
- Pourquoi, mon Dieu, quand je te prie
- Primavera: L’Aube lointaine. Sonnet
- Quand le flot soulevé par l’effort de la houle. Sonnet
- Que cherchez-vous, humains, dans vos noires ténèbres ? Sonnet
- Que m’importe, ô soleil, ton éternel sourire ! Sonnet
- Rêve
- Réveil. Paysage
- Rose, le voulez-vous ?… Nous irons un dimanche. Rondeau
- Serment d’amour ne vaut pas une obole. Rondel
- Tels au fond des déserts dans le sable mouvant. Sonnet
- Terre morte
- Toi qui sais maintenant le secret de l’azur
- Toujours ! toujours ! c’est souvent dire. Rondeau
- Triolet: Un baiser n’est point un larcin
- Un jour la Vérité se lassant d’être nue. Apologue
- Un Opéra dans le buisson
- Une heure dans le passé
- Une Morte
- Viens !
- Villanelle (Si je pouvais en agir à ma guise)
- Villanelle (Voilà le temps où les vignes fleuries)