Que m’importe, ô soleil, ton éternel sourire ! Sonnet

Amélie Gex

Poésies — 1879

Que m’importe, ô soleil, ton éternel sourire ! Que me fait de l’azur l’insolente clarté, Du nid dans le buisson l’amoureux aparté Ou l’indolent soupir qu’exhale le zéphire ! Quand la lèvre flétrie, oublieuse du rire, De ton fiel, ô douleur, a senti l’âpreté, Les larmes sont alors la seule volupté Qui soit douce à ce cœur que ton ongle déchire. Pourquoi donc étaler tes fleurs et les parfums, Nature ? Pourquoi donc ces réveils importuns ? Et pourquoi de l’amour les promesses hâtives, Puisque pour contenter l’inflexible destin, Trop souvent, l’on n’entend à ton riche festin Que le bruit des sanglots de tes mornes convives ?