Mars. Sonnet

Amélie Gex

Poésies — 1879

Il pleut ; le temps est gris ; le nuage s’envole, Poussé par quelque souffle invisible et puissant ; Le passereau criard, sous le toit, se désole ; L’eau coule, à larges flots, sur le pavé glissant. La tristesse revient à mon cœur qui s’isole… Mon âme, en sa torpeur bientôt s’assoupissant, Comme la fleur qui ferme aux autans sa corolle, Se blottit sous l’abri d’un songe caressant ! Dans le calme infini se perd ma rêverie… Tel on voit sur la vague écumeuse en furie, Bercés par l’ouragan, dormir les alcyons ; Ainsi mon âme attend la fin de la tempête Et, pressentant l’azur, dans son espoir, s’apprête, Au retour du soleil, à fêter ses rayons !