Décembre. Sonnet

Amélie Gex

Poésies — 1879

Lorsque au mois glacial où vient régner la bise Sur les bois engivrés passe un rayon furtif ; Quand la neige, encombrant le vieux toit qui se brise, Retient sous les piliers le passereau captif ; Et que l’on ne voit plus la large route grise Dérouler ses anneaux, comme un serpent oisif Qui s’en vient, paresseux et rampant à sa guise, De la sombre forêt chercher le vert massif ; Lorsqu’enfin, de l’hiver sentant la froide haleine, On entend frissonner dans la profonde plaine, Sur le bord des fossés, le hautain peuplier, Il est un noir instant où notre âme anxieuse Cherche en son souvenir la lueur radieuse De l’éternel azur qu’elle a peur d’oublier !