Elles s’en vont les joyeuses pensées

Amélie Gex

Poésies — 1879

Elles s’en vont les joyeuses pensées Lorsque les ans sur nos âmes lassées Viennent peser de leur poids rigoureux ! Des songes d’or le réveil douloureux Las ! tristement, les a toutes chassées. Heures d’amour, doucement caressées, Fleurs de printemps, par nos lèvres froissées, Quoi, c’est donc vrai ! dans l’oubli ténébreux Elles s’en vont ?… Eh bien, partez, ô colombes blessées ! Sur d’autres fronts posez-vous empressées, Illusions au vol aventureux… Plus tard, ceux-là que vous rendrez heureux Diront aussi de leurs heures passées, « Elles s’en vont !… »