Poètes et poétesses

Pierre de Ronsard

Devenu sourd à seize ans, Pierre de Ronsard (1524-1585) troqua la carrière des cours contre les lettres — et fut sacré prince des poètes.

Poète vendômois de la Renaissance, chef de file de la Pléiade, poète officiel de trois rois de France.

Il naît le 11 septembre 1524 au manoir de la Possonnière, à Couture-sur-Loir en Vendômois, dans une famille de petite noblesse au service du roi. Page à la cour à douze ans, il suit le dauphin, accompagne Madeleine de France en Écosse et y séjourne près de trois ans. Une carrière diplomatique s'ouvrait ; une surdité survenue vers seize ans la referme. Il se tourne alors vers l'étude.

Au collège de Coqueret, sous Jean Dorat, il apprend le grec et le latin avec Joachim du Bellay et Jean-Antoine de Baïf. De ce groupe naît la Brigade, puis la Pléiade, et l'ambition d'égaler les Anciens en français plutôt qu'en latin. Les Odes de 1550 en sont le coup d'éclat : Ronsard y transporte Pindare et Horace dans une langue que personne n'avait encore pliée à cet usage.

Son œuvre amoureuse se règle sur trois noms. Cassandre Salviati, rencontrée à quinze ans, donne Les Amours de 1552. Marie Dupin, paysanne d'Anjou, la Continuation des Amours de 1555, écrite dans un style volontairement plus bas. Hélène — que l'on identifie ordinairement à Hélène de Surgères, sans que ce soit établi — inspire en 1578 les Sonnets pour Hélène, où le poète vieillissant écrit à une jeune femme le plus célèbre de ses vers sur le temps qui passe.

Les guerres de religion en font un polémiste. Ses Discours des misères de ce temps, à partir de 1562, prennent le parti catholique et lui valent des réponses en vers de tout le camp adverse. Poète officiel de Charles IX, il entreprend La Franciade, épopée nationale restée inachevée. On l'appelle de son vivant le prince des poètes et le poète des princes.

Il meurt le 27 décembre 1585 au prieuré de Saint-Cosme, près de Tours. Le siècle classique le juge ensuite obscur et le laisse tomber ; il faut le XIXe siècle, et Sainte-Beuve, pour le remettre en lecture. Petit Poème réunit 117 de ses poèmes, des Odes aux Derniers vers. Le corpus est partiel à dessein : la source n'en donne qu'une partie en orthographe modernisée, et quarante-sept pièces attendent d'être modernisées à leur tour plutôt que de côtoyer, en graphie de 1550, du français d'aujourd'hui.