Guillaume Apollinaire
Il a forgé le mot « surréalisme » et le mot « calligramme », et signé « Le Pont Mirabeau » : Guillaume Apollinaire (1880-1918) ouvre le siècle.
Poète, romancier et critique d'art français né à Rome, chantre des avant-gardes du premier vingtième siècle et théoricien de l'Esprit nouveau.
Il naît le 26 août 1880 sous le nom de Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky, d'une mère de la petite noblesse polonaise, Angelika Kostrowicka, et d'un père que l'état civil ne nomme pas. L'enfance est italienne, monégasque, nomade ; la langue française est un choix, pas un héritage. Il ne sera naturalisé qu'en 1916, et c'est alors qu'il fixe le nom sous lequel on le lit.
Sa vie est celle d'un homme au centre de tout ce qui s'invente. Il défend le cubisme quand on en rit, définit l'orphisme pour Sonia et Robert Delaunay, fréquente Picasso, Jacob, Salmon, Laurencin. Il gagne sa vie à la pige, écrit des romans érotiques, préface des auteurs licencieux, se fait injustement soupçonner dans l'affaire du vol de la Joconde en 1911. Engagé volontaire en 1914, il est blessé à la tempe par un éclat d'obus en mars 1916 et trépané.
Ce qui le rend irremplaçable tient en une tension. D'un côté la modernité absolue : la ponctuation supprimée dans Alcools au moment des épreuves, le vers libéré du mètre, le poème devenu dessin dans les calligrammes — un mot qu'il forge, pour un genre qu'il n'a pas inventé. De l'autre une plainte très ancienne, celle de l'amour perdu et du temps qui passe, qui donne « Le Pont Mirabeau », « La Chanson du mal-aimé », « Zone ». Il est à la fois le dernier des élégiaques et le premier des modernes, et c'est pourquoi les surréalistes se sont réclamés de lui — il leur avait même donné leur nom, forgé en 1917 pour son drame Les Mamelles de Tirésias.
Le Bestiaire, ou Cortège d'Orphée paraît en 1911, Alcools en 1913, Calligrammes en 1918. Il meurt à Paris le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, deux jours avant l'armistice, à trente-huit ans, et il est déclaré mort pour la France au titre de son engagement.
Petit Poème réunit ses cinq recueils transcrits : Alcools, Calligrammes, Le Bestiaire, les Poèmes à Lou écrits au front et Vitam impendere amori. Les calligrammes proprement dits en sont absents, et pour une raison qui n'est pas un oubli : leur disposition typographique EST le poème, et un corpus en texte plat ne peut pas la rendre.
- 14 juin 1915
- 2e Canonnier conducteur
- À l’Italie
- À la partie la plus gracieuse
- À Lou hommage
- À Madame la Comtesse
- À mon Tiercelet
- À Nîmes
- À travers l’Europe
- Adieu
- Agent de liaison
- Amour-roi
- Annie
- Arbre
- Au lac de tes yeux
- Au maréchal des logis
- Au soleil
- Aussi bien que les cigales
- Automne
- Automne Malade
- Avant d’entrer dans ma cellule
- Bientôt bientôt
- C’est
- C’est l’hiver
- C'est le sifflet dont je me sers
- C’est Lou qu’on la nommait
- Carte postale (Je t’écris de dessous la tente)
- Carte postale (Nous sommes bien)
- Chant de l’honneur
- Chant de l’horizon en Champagne
- Chantre
- Chef de section
- Chevaux de frise
- Clair de Lune
- Clotilde
- Cœur, couronne et miroir
- Cors de Chasse
- Cortège
- Cote 146
- Crépuscule
- Dans l’abri-caverne
- Dans le crépuscule fané
- Dans un café à Nîmes
- De la batterie de tir
- De toi depuis longtemps
- Désir
- Du coton dans les oreilles
- Échelon
- En allant chercher des obus
- Épigramme
- Et prends bien garde
- Exercice
- Faction
- Fête
- Fumées
- Fusée
- Guerre
- Guirlande de Lou
- Hôtels
- Ibis
- Il pleut
- Il y a (Il y a des petits ponts épatants)
- Il y a (Il y a un vaisseau qui a emporté ma bien-aimée)
- Je pense à toi
- Je rêve de revoir
- Je t’adore mon Lou
- Jolie bizarre enfant chérie
- L’Adieu
- L’Adieu du cavalier
- L’amour est mort
- L’amour le dédain et l’espérance
- L’attente
- L’Avenir
- L’Écrevisse
- L’Éléphant
- L’Émigrant de Landor Road
- L’Ermite
- L’Espionne
- L’Inscription anglaise
- La Blanche Neige
- La Boucle retrouvée
- La Carpe
- La ceinture
- La Chanson du mal-aimé
- La Chenille
- La Chèvre du Thibet
- La Colombe
- La Cravate et la montre
- La Dame
- La dame avait une robe
- La fumée de la cantine
- La Grâce exilée
- La Jolie Rousse
- La Loreley
- La Maison des morts
- La Méduse
- La Mésange
- La mielleuse figue — C’est dans cette fleur — Et puis voici l'engin
- La Mouche
- La nuit
- La Nuit d’avril 1915
- La Petite Auto
- La Porte
- La Puce
- La Sauterelle
- La Souris
- La Synagogue
- La Tortue
- La Traversée
- La Tzigane
- La Victoire
- Le Bœuf
- Le Brasier
- Le Chant d’amour
- Le Chat
- Le Cheval
- Le ciel est étoilé
- Le Dauphin
- Le Dromadaire
- Le Hibou
- Le Lapin
- Le Larron
- Le Lièvre
- Le Lion
- Le Musicien de Saint-Merry
- Le Palais du tonnerre
- Le Paon
- Le Pont Mirabeau
- Le Poulpe
- Le Serpent
- Le soir tombe
- Le toutou et le gui
- Le Vent nocturne
- Le Vigneron champenois
- Le Voyageur
- Les attentives
- Les Cloches
- Les Colchiques
- Les Collines
- Les Femmes
- Les Fenêtres
- Les Feux du bivouac
- Les Fiançailles
- Les fleurs rares
- Les Grenadines repentantes
- Les moutons noirs
- Les Saisons
- Les Sapins
- Les Sirènes
- Les Soupirs du servant de Dakar
- Lettre-Océan
- Liens
- Lorsque deux nobles cœurs
- Lou est un enfant
- Lou ma rose
- Lou mon étoile
- Lul de Faltenin
- Lundi rue Christine
- Ma Lou je coucherai
- Ma sensibilité
- Mai
- Marie
- Marizibill
- Merlin et la vieille femme
- Merveille de la guerre
- Mon cœur j'ai regardé
- Mon Lou je veux te reparler
- Mon Lou la nuit descend
- Mon Lou ma chérie
- Mon très cher petit Lou
- Mutation
- Nos étoiles
- Nuit rhénane
- Ô délicate bûcheronne
- Ô Lou ma très chérie
- Ô ma jeunesse abandonnée
- Ô naturel désir
- Océan de terre
- Ode
- Ombre
- Oracles
- Oriande
- Orphée (ADMIREZ le pouvoir insigne)
- Orphée (LA femelle de l’alcyon)
- Orphée (QUE ton cœur soit l’appât et le ciel, la piscine)
- Orphée (REGARDEZ cette troupe infecte)
- Palais
- Parce que tu m’as parlé de vice
- Paysage
- Pétales de pivoine
- Photographie
- Poème du 9 février 1915
- Poème lu au mariage d’André Salmon
- Pressentiment d’Amérique
- Quatre jours mon amour
- Reconnaissance
- Refus de la colombe
- Rêverie
- Rêverie sur ta venue
- Rhénane d’automne
- Rosemonde
- Roses guerrières
- Saillant
- Salomé
- Saltimbanques
- Scène nocturne du 22 avril 1915
- Schinderhannes
- Si je mourais là-bas…
- Signe
- Silence bombardé
- Simultanéités
- SoldAts
- Sonnet du 8 février 1915
- Souvenirs
- Sur les prophéties
- Toujours
- Tour
- Tourbillon de mouches
- Train militaire
- Tristesse d’une étoile
- Troisième fable
- Tu descendais dans l’eau
- Tu n’as pas surpris mon secret
- Un fantôme de nuées
- Un oiseau chante
- Un rossignol en mal d’amour
- Un Soir
- Vais acheter une cravache
- Vendémiaire
- Vers le sud
- Vieille
- Voyage
- Zone