Ma sensibilité

Guillaume Apollinaire

Poèmes à Lou — 1955

le soleil et la forêt ce sont mes père et mère en chapeau (vague) au dessus : les coupoles admirables de tes seins d’aurore la lune et la colline mamelles de ma nourrice et l’insecte sans nombre est plus fort que ta volonté Avant-trains dissimulés sous des branches de sapin la terrible rumeur des mouches d’acier qui quittent brusquement une charogne couche-toi sur la paille ce lit si bien doré l’écorce du bouleau répand en brûlant une odeur balsamique on brûle de la neige dans l’encensoir des Solitudes