Lou est un enfant

Guillaume Apollinaire

Poèmes à Lou — 1955

Lou est un enfant charmant petit Lou au bon cœur Il y a aussi des libellules bleues Lou est la huitième merveille du monde Lierre Herbe de la tendresse Lierre Herbe de la fidélité Avions de cristal beaux fruits du ciel qui chante Simple douceur des nues si blanches et si rondes Ce fut une heure de départ ! secteur… Ceci c’est ma prière bleue vers toi Et c’est aussi mon délice Que ce soit toi que je veuille 1915 Soldats de faïence et d’escarboucle Ô AMOUR Est-il temps de monter plus haut que notre idéal Les heures sont de belles filles langoureuses Le printemps défleuri s’éloigne Là-bas bas et se tourne parfois encore pour me sourire Et dans les champs les coquelicots se fanent en se violaçant Et en répandant une odeur opiacé Je contemple ton absence et ton silence Mais tu tiens à moi par mille liens subtils Mon imagination royale allume ses millions d’astres À ta flamboyante divinité des délices Non ! je ne veux pas fermer pendant la contemplation Les neufs portes des sens Et leur ouverture se dirige et se prolonge Jusqu’à toi et ton délice Le jour n’est plus. Il est temps que j’aille à la rivière me baigner. et cette onde est pleine d’herbes aussi fallaces que ton regard tandis qu’éclate un artifice meurtrier et qu’un incendie teint la nuit Cueille vite cette fleur Prends vite le lambeau de nuage que je te donne Lou Dans cette nuit profonde de juin adorable Je suis ici pour te chanter des chansons En combattant Je te couvrirai de trophées J’attends seulement l’amour Mort, tes servants sont à leurs postes Mes chants t’ont appelée toute ma vie Mon chant est nu, il a dépouillé ses parures Écris-moi vite, Lou, de belle belles choses Vie de ma vie, je baise votre main Gui e