Paul Éluard
Son poème « Liberté » fut parachuté sur la France occupée : Paul Éluard (1895-1952) a fait des vers un acte de résistance.
Poète français, dadaïste puis pilier du surréalisme, l'une des grandes voix amoureuses et politiques du vingtième siècle.
Il naît Eugène Grindel à Saint-Denis le 14 décembre 1895, d'un père comptable devenu agent immobilier et d'une mère couturière. À seize ans, la tuberculose interrompt ses études et l'envoie au sanatorium de Clavadel, près de Davos, où il restera jusqu'en février 1914. Il y rencontre une jeune Russe de son âge, Elena Diakonova, qu'il appelle Gala : c'est avec elle que naît son premier élan de poésie amoureuse, et cet élan ne le quittera plus. En 1916 il prend le nom de sa grand-mère maternelle, Félicie Éluard.
Mobilisé, il sert comme infirmier militaire avant qu'une bronchite ne l'éloigne du front. L'expérience des champs de bataille le marque durablement et lui inspire les Poèmes pour la Paix (1918). Il épouse Gala en 1917 ; elle le quittera pour Salvador Dalí. Il rencontrera plus tard Nusch, sa seconde femme, dont la mort en 1946 traverse ses derniers livres.
Il traverse Dada puis devient l'un des piliers du surréalisme, aux côtés de Breton et d'Aragon, et c'est chez lui que le mouvement trouve sa langue la plus limpide. Là où d'autres cherchent le heurt des images, Éluard écrit des vers sans ponctuation, d'une simplicité désarmante, qui tiennent l'évidence et le mystère dans la même phrase — « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur ». Capitale de la douleur (1926) fixe cette manière.
L'autre versant est politique. Il adhère au Parti communiste et fait de l'écriture un engagement. Sous l'Occupation, il publie clandestinement : « Liberté », paru dans Poésie et vérité 1942, est diffusé sous le manteau et parachuté par avion sur la France occupée. Ses vingt strophes énumèrent tout ce sur quoi le poète écrit un nom, et ne le donnent qu'au dernier vers.
Il meurt à Charenton-le-Pont le 18 novembre 1952. Petit Poème réunit 48 de ses poèmes : Une leçon de morale (1949) en entier, Poésie et vérité 1942 — « Liberté » compris —, et cinq pièces seulement de Capitale de la douleur, que Wikisource ne transcrit pas encore en entier.
- À l’échelle animale
- Bientôt
- Celle de toujours, toute
- Couvre-feu
- Dans les pires conditions
- Dernier jour de l’hiver
- Douter du crime
- Dressé par la famine
- Du dedans
- Du dehors
- Et celui qui parlait de loin
- Grèce ma rose de raison
- Horloge des subtiles noces
- Je l’aime elle m’aimait
- L’aurore fixe
- L’enfance maîtresse
- L’habitude
- L’heure embrasse le silence
- La beauté du diable
- La courbe de tes yeux
- La dernière nuit
- La halte des heures
- Lazare
- Le désespoir besoin d’aimer
- Le grand voyage
- Le langage des couleurs
- Le rôle des femmes
- Les Petits Justes
- Les sept voiles
- Les souvenirs et le présent
- Liberté
- Mauvaise nuit bon jour
- Max Ernst
- Nusch
- Ô mort interminable
- Ombres
- Patience
- Première marche, la voix d’un autre
- Rêves
- Sans rire
- Si la Grèce était délivrée
- Sur les pentes inférieures
- Tout est sauvé
- Tout se marie
- Un feu sans tache
- Un loup (La bonne neige le ciel noir)
- Un loup (Le jour m’étonne et la nuit me fait peur)
- Volonté d’y voir clair