Pernette du Guillet
Morte à vingt-cinq ans environ, Pernette du Guillet (vers 1520-1545) ne vit jamais ses Rymes imprimées : Antoine Du Moulin les publia l'année de sa mort.
Poétesse lyonnaise de la Renaissance, musicienne, autrice des Rymes, l'une des premières voix féminines de la poésie française du XVIe siècle.
On sait très peu de chose de sa vie. Elle naît à Lyon vers 1520 ; son nom de jeune fille et sa famille sont inconnus. Le portrait qu'en trace Antoine Du Moulin, dans la préface des Rymes, montre une femme qui parle plusieurs langues et joue sans doute du luth, ce qui suppose une éducation soignée. Elle épouse vers 1537-1538 un sieur Du Guillet, dont on ne sait rien de plus. Dès 1540, deux de ses chansons paraissent à Paris mises en musique.
Sa vie littéraire est liée à Maurice Scève. La tradition fait remonter leur rencontre au printemps 1536, sans autre preuve que les poèmes eux-mêmes ; mais la parenté entre la Délie de Scève, parue en 1544, et les Rymes, parues l'année suivante, témoigne d'un dialogue poétique étroit. Là où Scève laisse affleurer le corps, Pernette du Guillet épure le langage de Pétrarque de toute allusion charnelle et en fait une amitié spirituelle ; celui qu'elle aime, elle le nomme « mon Jour ».
Les Rymes sont faites surtout de pièces brèves — épigrammes, chansons, quelques élégies —, dont la musicalité a attiré les compositeurs de son temps : quatre mises en musique paraissent de son vivant.
Elle meurt le 17 juillet 1545, peut-être de la peste. Le recueil, établi par Antoine Du Moulin, paraît la même année chez Jean de Tournes et se clôt sur des épitaphes que lui consacrent Maurice Scève et Jean de Vauzelles. Réimprimé en 1546 et en 1552, il est ensuite oublié jusqu'au XIXe siècle.
- A qui est plus un Amant obligé
- Aucuns ont dict la Theorique
- C’est un grand mal se sentir offensé
- C’est une ardeur d’autant plus violente
- Ce grand renom de ton meslé sçavoir
- Celle clarté mouvante sans umbrage
- Combien de fois ay je en moi souhaicté
- Comme le corps ne permect point de veoir
- Comme mon Jour, il peult partout aller
- Conde claros de Adonis
- Confort
- Coq a l’asne
- Dames, s’il est permis
- Deux amys, joinctz par estroicte amytié
- En Daulphiné Ceres faisoit encor moisson
- En lieu du bien que deux souloient pretendre
- Esprit celeste et des Dieux transformé
- Heureuse est la peine
- J’ay esté par un long temps
- Jà n’est besoing que plus je me soucie
- Je le devois prendre à augure
- Je n’oserois le penser veritable
- Je ne croy point ce que vous deites
- Je puis avoir failly par ignorance
- Je suis la Journée
- Je suis tant bien que je ne le puis dire
- Je te promis au soir que pour ce jour
- L’ame et l’esprit sont pour le corps orner
- L’heur de mon mal enflammant le desir
- L’une vous ayme, et si ne peult sçavoir
- La fortune envieuse
- La nuict
- La nuict estoit pour moy si tresobscure
- Le Corps ravy, l’Âme s’en esmerveille
- Le grand desir du plaisir admirable
- Le hault pouvoir des astres a permis
- Ma voulenté, plus grande que l'effect
- Mon jour estoit assis tout aupres d’une
- Ne vous faschez, si à vous je me plaings
- Non que je vueille oster la liberté
- O vraye amour dont je suis prise
- Or bien, puis qu’ainsi le voulez
- Or qui en a, ou en veult avoir deux
- Par ce dizain clerement je m’accuse
- Parfaicte Amytié
- Plus je désire, et la fortune adverse
- Plus ne m’en chault, la congnoissant à l’œil
- Point ne se fault sur Amour excuser
- Pour contenter celuy qui me tourmente
- Prenez le cas que comme je suis vostre
- Puis qu’il t’a pleu de me faire congnoistre
- Puis que, de nom et de faict, trop severe
- Quand vous voyez que l’estincelle
- Que d’avoir mal pour chose si louable
- Qui dira ma robe fourrée
- R, au dizain toute seule soubmise
- Sans congnoissance aucune en mon Printemps j’estois
- Sçais tu pourquoy de te veoir j’euz envie
- Si descharger je veulx ma fantasie
- Si j’ayme cil, que je debvrois hayr
- Si je n’ay peu comme voulois
- Si je ne suis telle que soulois estre
- Si le servir merite recompense
- Si tu ne veulx l’anneau tant estimer
- Soit que par esgalle puissance
- Toute personne assés Jeune, et moins docte
- Un seul je hais, qui deux me faict aymer