Poètes et poétesses

François de Malherbe

« Enfin Malherbe vint » : François de Malherbe (1555-1628) a mis le vers français au pas, et le classicisme lui doit ses règles.

Poète normand, réformateur du vers, et le premier nom du Grand Siècle que le corpus porte avec La Fontaine.

Il naît à Caen en 1555, dans une famille de petite noblesse de robe. Il porte les armes pour la Ligue pendant les guerres de Religion, suit le grand prieur de France en Provence, et y reste vingt ans. Son protecteur meurt en 1586 ; suivent près de vingt années d'attente et de sollicitations.

**Il a cinquante ans quand la cour l'appelle enfin**, en 1605 : Henri IV le prend à son service, et il devient le poète officiel du règne, puis de la régence de Marie de Médicis. C'est là que se placent les odes et les stances de circonstance qui font le gros de son œuvre — à la reine, au roi, pour un mariage, pour une victoire, contre les huguenots de La Rochelle.

Ce qu'on retient de lui n'est pourtant pas une pièce, c'est une **doctrine**. Il n'a écrit aucun traité, mais ses disciples — Maynard, Racan — ont transmis ses corrections et ses refus : pureté de la langue, mesure, bienséance, rime riche, interdiction de l'hiatus et de l'enjambement. Le vers français en sort discipliné, et cent cinquante ans de classicisme s'appuient dessus. Boileau résumera l'affaire en trois mots devenus proverbe : **« Enfin Malherbe vint »**.

Le paradoxe est que sa poésie de jeunesse est l'exact contraire : *Les Larmes de saint Pierre* (1587), qu'il reniera, est un long poème d'imitation italienne, chargé de pointes et de métaphores — le baroque même qu'il passera sa vie à retrancher.

Son fils unique, Marc-Antoine, est tué en duel en 1627 ; il n'obtiendra pas la justice qu'il demande à Louis XIII. Il meurt à Paris le 16 octobre 1628.

Petit Poème réunit 85 de ses poèmes. Il n'a publié aucun recueil de son vivant : ses pièces ont paru une à une, de 1587 à 1628, dans des volumes collectifs, et le corpus les range sous *Œuvres poétiques* — le titre des *Œuvres de M. de Malherbe* réunies en 1630, deux ans après sa mort. On y trouve la *Consolation à M. du Périer*, où il écrit à un père qui vient de perdre sa fille l'un des vers les plus cités de la langue.