Épitaphe de mademoiselle de Conti, Marie de Bourbon

François de Malherbe

Œuvres poétiques — 1630

Tu vois, passant, la sepulture D’un chef-d’œuvre si precieux Qu’avoir mille rois pour ayeux Fut le moins de son avanture. Ô quel affront à la nature Et quelle injustice des cieux, Qu’un moment ait fermé les yeux D’une si belle creature ! On doute pour quelle raison Les Destins, si hors de saison, De ce monde l’ont appellée : Mais leur pretexte le plus beau, C’est que la terre estoit bruslée, S’ils n’eussent tué ce flambeau.