À M. de Fleurance, sur son art d’embellir

François de Malherbe

Œuvres poétiques — 1630

Voyant ma Caliste si belle Que l’on n’y peut rien désirer, Je ne pouvois me figurer Que ce fust chose naturelle. J’ignorois que ce pouvoit estre Qui luy coloroit ce beau teint Où l’aurore mesme n’atteint, Quand elle commence de naistre. Mais, Fleurance, ton docte écrit M’ayant fait voir qu’un bel esprit Est la cause d’un beau visage, Ce ne m’est plus de nouveauté, Puis qu’elle est parfaitement sage, Qu’elle soit parfaite en beauté.