Antoinette Des Houlières
Son siècle l'appelait la dixième Muse : Antoinette Des Houlières (1638-1694), première femme reçue dans une académie, et le XVIIe siècle du corpus.
Poétesse du Grand Siècle, célébrée de son vivant comme aucune n'avait pu l'être avant elle, et oubliée presque aussitôt.
Elle naît à Paris le 1er janvier 1638, Antoinette du Ligier de La Garde, fille d'un maître d'hôtel de la reine. Mariée à treize ans, en 1651, à Guillaume de Lafon de Boisguérin, seigneur des Houlières, elle prend son nom et le gardera.
Elle apprend le latin, l'italien, l'espagnol, et se forme au vers auprès de Jean Hesnault, disciple de Gassendi — d'où le fond libertin et épicurien qui traverse son œuvre sous les bergeries. À partir de 1657, elle tient et fréquente les salons du Marais ; Corneille, Mme de Sévigné, Fléchier y passent. On l'appelle **la dixième Muse**, et la Calliope française.
L'Académie française lui est fermée parce qu'elle est une femme — l'une de ses pièces y sera pourtant lue en séance. Les académies étrangères et provinciales, elles, l'élisent : les **Ricovrati de Padoue en 1684**, l'**académie d'Arles en 1689**. C'est la première Française à entrer dans une académie.
Elle prend parti pour Pradon contre Racine dans la querelle de *Phèdre*, en 1677, et on lui attribue le sonnet satirique qui déclenche l'affaire des sonnets. Elle écrit surtout des idylles et des églogues : *Les Moutons*, la plus connue, est une allégorie composée pour obtenir une pension du roi — « Hélas ! petits moutons, que vous êtes heureux ». Elle meurt à Paris le 17 février 1694, d'un cancer du sein.
Petit Poème réunit 59 de ses poèmes, depuis le scan validé de l'édition de 1824. On y trouve les idylles et les églogues qui ont fait sa réputation, mais aussi ce que le Grand Siècle laissait rarement passer par écrit : l'épigramme contre le père Bouhours, l'*Apothéose de Gas, mon chien*, et l'échange en vers entre Tata, chat de la marquise de Monglas, et Grisette, sa propre chatte.
Sa fille Antoinette-Thérèse écrira à son tour, et entrera dans les mêmes académies.
- À Iris. (Il est saison de causer près du feu)
- À Iris. (Iris, quelle erreur est la vôtre)
- À la Goutte.
- À Madame ***. (Les ombres blanchissaient, et la naissante aurore)
- À madame ***. (Sans me plaindre de la nature)
- À madame ***. (Supportez un peu mieux, Silvie)
- À madame d’Ussé.
- À madame de Maintenon.
- À monsieur ***.
- À monsieur Caze.
- À monsieur de Benserade.
- À monsieur Fléchier.
- À monsieur l’abbé ***.
- À monsieur l’abbé de Lavau.
- À monsieur le duc de Montausier.
- À monsieur Le Pelletier de Souzi.
- À ses Enfans.
- Airs.
- Apothéose de Gas, mon chien.
- Au père de la Chaise.
- Autres Réflexions.
- Ballade.
- Ballades.
- Bouquets. — À madame de Harlay de Chanvalon.
- Caprice.
- Chanson.
- Chansons.
- Églogues. — Célimène.
- Élégie.
- Épigrammes. — Au R. P. Bouhours.
- Épîtres. — À mademoiselle de la Charce.
- Idylles. — À mademoiselle de la Charce.
- Imitation de la première ode d’Horace.
- Iris.
- L’Hiver.
- L’Oranger.
- La même .
- La Solitude.
- Le Ruisseau.
- Le Tombeau.
- Les Fleurs.
- Les Moutons.
- Les Oiseaux.
- Madrigaux.
- Ode.
- Réflexions diverses.
- Réflexions morales.
- Réponse de Grisette à Tata.
- Réponse de Tata à Grisette.
- Rondeau redoublé à M. le duc de Saint-Aignan.
- Rondeau. (Coiffé d’un vilain bonnet gras)
- Rondeau. (Entre deux draps de toile belle et bonne)
- Rondeaux.
- Songe d’Iris.
- Stance. (Dieux ! qu’est-ce que je sens d’inquiet et de tendre)
- Stance. (Hé ! que te sert, Amour, de me lancer des traits)
- Stances.
- Sur la mort de M. le duc de Montausier.
- Tata, chat de madame la marquise de Monglas, à Grisette, chatte de madame Deshoulières.