Rondeaux.

Antoinette Des Houlières

Poésies de Madame Deshoulières — 1688

Taisez-vous, tendres mouvemens, Laissez-moi pour quelques momens : Tout mon cœur ne saurait suffire Aux transports que l’Amour m’inspire Pour le plus parfait des amans. À quoi servent ces sentimens ? Dans mes plus doux emportemens Ma raison vient toujours me dire, Taisez-vous La cruelle, depuis deux ans… Mais, hélas ! quels redoublemens Sens-je à mon amoureux martyre ? Mon berger paraît, il soupire ; Le voici : vains raisonnemens, Taisez-vous.