À monsieur ***.
Antoinette Des Houlières
Poésies de Madame Deshoulières — 1688
Quand on dit d’or, n’eût-on, j’ose le dire,
Nul des talens que possédez, beau sire,
Point il ne faut trop se déconforter
En grands périls ; moins encor redouter
D’encombrier en amoureux martyre.
Que contre écueils brise notre navire,
Un ex voto de ce danger nous tire :
Le ciel l’entend. On se fait écouter,
Quand on dit d’or.
Or mon époux doit chandelle de cire
Au benoît saint qui vous a fait m’écrire
Que maints louis sont prêts à lui compter ?
Et non à moi ; car, comme ici conter ?
Vertu femelle à peine peut suffire
Quand on dit d’or.