Rosemonde Gérard
Rosemonde Gérard (1866-1953) a écrit deux vers que tout le monde cite sans savoir d'elle : « Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain ».
Poétesse, dramaturge et comédienne française de la Belle Époque, épouse d'Edmond Rostand et mère du biologiste Jean Rostand.
Elle naît à Paris le 5 avril 1866 sous les prénoms de Louise Rose Étiennette, et l'état civil la déclare trois jours plus tard née de père et mère inconnus. Sa mère, mariée par ailleurs, ne pourra jamais la reconnaître légalement et l'élèvera comme sa pupille. Son père, le comte Louis Maurice Fortuné Gérard, officier de chasseurs, la reconnaît en janvier 1868. Elle est ainsi la petite-fille du maréchal Étienne Maurice Gérard, héros de Wagram, et emprunte son nom de plume à une aïeule, Rosemonde de Valence.
La comtesse de Genlis, femme de lettres, compte parmi ses ascendantes ; Rosemonde Gérard en hérite des objets, lui consacre plusieurs poèmes et, en 1926, un livre en prose. Élevée au pensionnat des dominicaines de Neuilly, elle publie à vingt-trois ans son premier recueil, Les Pipeaux (1889), qui la fait entrer d'un coup dans le paysage littéraire.
Elle épouse Edmond Rostand en 1890, un an après. On la range depuis sous le nom de Madame Edmond Rostand, et c'est le sort qu'il faut regarder en face : la gloire de Cyrano, puis celle de ses fils — Maurice, poète et dramaturge, Jean, biologiste et moraliste —, ont recouvert une œuvre qui n'avait pas besoin d'elles. Elle écrit du théâtre, des contes lyriques, des recueils jusqu'à la fin des années trente, et joue elle-même sur scène.
Son vers est clair, tenu, familier des choses menues : un lézard, un potager, des lucioles, des araignées, la chaumière et le dernier papillon. Les Pipeaux relèvent d'une veine intimiste et champêtre que la fin du siècle goûtait, et qui a mieux vieilli qu'on ne l'attendrait, parce qu'elle refuse l'emphase. Une strophe de « L'Éternelle chanson » — « Car, vois-tu, chaque jour je t'aime davantage, / Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain » — s'est détachée du recueil pour devenir une formule de langue courante, souvent citée, rarement attribuée.
Elle meurt à Paris le 8 juillet 1953. Petit Poème réunit les 47 pièces des Pipeaux, dont « Lorsque tu seras vieux », le poème d'où vient cette strophe.
- Aube
- Automne
- Ce n’est pas la faute à nous deux
- Ceci est mon Testament
- Clarté lunaire
- Crépuscule
- Départ
- Fin d’Automne
- Fin d’Orage
- Fin du Jour
- L’Amour que chante mon poème
- L’autre matin, sous la feuillée
- La Chaumière
- La Trêve
- Le Chant des Grenouilles
- Le dernier Papillon
- Le Lézard
- Le Partage de la Terre
- Le Potager
- Le Rossignol
- Lendemain
- Les Araignées
- Les Cigales
- Les Cloches
- Les Coucous
- Les Lucioles
- Les petites Clochettes bleues
- Les Peupliers
- Les Tziganes jouaient
- Lorsque je serai morte
- Lorsque tu seras vieux
- Ma première Lettre
- Maison à louer
- Mutus
- Neige de Printemps
- Noël
- Nous n’habiterions pas la ville
- Pèlerinage
- Printemps
- Rondel
- Toi dont la robuste tendresse
- Très femme
- Trois Voix
- Tu me dirais que l’on entend
- Vieilles Choses
- Villanelle des petits Canards
- Vous êtes mes espoirs