Automne

Rosemonde Gérard

Les Pipeaux — 1889

Approchant d’octobre, les soirs Ont des brumes sentimentales Qui promènent leurs robes pâles Là-bas, au fond des bois tristes, sur les dormoirs. Plus de vieux qui vienne s’asseoir Contre la porte, sur les dalles ; Les cri-cris ont tu leurs crotales… Seul le martinet dit son déchirant bonsoir. Adieu la saison qui verdoie ! Malgré des couchants radieux Où l’esquif du soleil se noie Dans l’or d’inoubliables cieux, Le front redevient soucieux : Et malgré soi l’on songe à l’âtre qui flamboie.